Etymologies comparées des noms de : Rennes, Rouen, Vieux-Rouen-sur-Bresle :
A.
RENNES.
* Ogée : " Les anciennes cartes géographiques lui donnent le nom de Condate Rhedonum, nom qu'elle a quitté pour prendre celui du peuple qui l'habitait, Rhedones, dont, par corruption, on a formé le mot Rennes".
* A-M ROUANET-LIESENFELT :
César, Guerre des Gaules, II,3,4; et 75,1 - 4 : Redones;
Pline l'Ancien, Histoire naturelle, IV,XVIII : Rhedones.
Claude Ptolémée : Rhdones ( = Riedones)
Notitia Dignitatum : Redonas
Notitia Galliarum : Civitas Redonum
Grégoire de Tours, V,29 : " Brittani (...) graviter regionem Rhedonicam ..."
Grégoire de Tours, X,9 : " ... Brittani circa urbes Namneticam utique et Redonicam ..."
Débat sur la question graphique, par A-M ROUANET-LIESENFELT, p 6 :
" On a longtemps hésité sur l'orthographe antique du mot. On connaissait, depuis 1868, l'inscription trouvée dans le rempart de Rennes qui mentionnait la (civ)itas Ried(onum). Mais comme elle était fragmentaire, qu'aucune autre ne la corroborait, et aussi, sans doute, la force de l'habitude l'emportant, in a préféré jusqu'à une date toute récente la graphie Redones que semblait appuyer la tradition littéraire. Seul, O. Hirschfeld manifestait quelques doutes et intitulait la section du Corpus Inscriptionum Latinarum consacrée à notre région, Redones sive Riedones.
Les manuscrits de la Guerre des Gaules de César, de la Notitia Galliarum, de la Notitia Dignintatum, puis les auteurs du haut Moyen-Age donnent la forme Redones et parfois Rhedones, notamment ceux de Grégoire de Tours où les deux graphies alternent. Par contre, ceux de l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien portent Rhiedones, Shiedones, Siedones, et ceux du géographe Ptolémée Rihdones (pour la plupart), Rhhdones, ou encore Rhidones.
Or, la découverte, en 1968, des dédicaces de T. Flavius Postuminus, où l'on lit sans possibilité d'erreur l'appellation officielle au IIIè siècle, civitas Riedonum, a donné raison à Mowat, qui prônait cette lecture; c'est pourquoi nous avons constamment employé la forme Riedones ..."
B.
ROUEN* François de Beaurepaire : Ratomagos Ptol., Ratomagos I.A., Peut., Rotomagus (Ammien Marcellin; Notitia Dignitatum).
* C.O.T : Rotomagus vulgo Roan, Normandiae Metropolis, 1572.
* J. Renaud, Vikings, p 159 : nom norrois de Rouen : Rúðaborg.
On note que les formes de l'Antiquité oscillent entre Ratomagos et Rotomagus, la seconde ayant prévalu pour aboutir à Rouen. Le second élément est l'appellatif gaulois bien connu *magus, marché, ville; le premier élément *rato / *roto est d'interprétation incertaine; *roto se reconnaît dans le Vaudreuil (Eure, primitivement Rotoialum puis Vau de Reuil); *rato se retrouve dans Reviers (Calvados, Radaverum 1077).
* in De la Gaule à la Normandie, p 182 : civitas Rothomagensium.
* Nancy Gauthier et Michel Fixot (1996) : RATOMAGOS (Ptolémée, II, 8, 5); RATUMAGUS (Itinéraire d'Antonin; Table de Peutinger); CIVITAS ROTOMAGENSIUM (Concile d'Arles, 314; ps.-concile de Cologne, 346; Innocent Ier, Ep.2; Notitia Galliarum, II,2); ROTOMAGI (Ammien, XV, 11, 6); ROTOMAGENSIS CIVITAS (Victrice); ROTOMAGUM (Paulin de Nole, Ep. 18; Notitita Dignitatum); Chef-lieu de la nouvelle "Cité des Rouennais" (Gauthier, 5, p. 11), capitale de la deuxième Lyonnaise dans le diocèse des Gaules; CIVITAS ROTOMAGENSIS (concile de Tours en 461, d'Orléans en 538 et 541, de Tours en 567, de Mâcon en R85); ROTOMAO (Concile d'Orléans en 511); RHOTOMAGINSIS URBS, RODOMAGINSIS CIVITAS, RODOMAGO (Grégoire de Tours, HF, IV, 51; V, 18; VIII, 31 et 41; V, 1; V, 2); CIVITAS RODOMAGUM (concile de Paris en 614); RHOTOMO, ROTHOMAO (Frédégaire; cf. ecclesia Rotomensis au concile de Chalon-sur-Saône en 647/653); ROTHOMAGINSIS, ROTHOMACUM CIVITAS (Liber Historiae Francorum); ROTOMO, ROTOMO CIV(ITAS) (monnaies, Lafaurie (5) p. 112; Prou, p. 60-64); RODOMOS (lettre du pape Zacharie à Boniface de Mayence en 742); RODOMOS (diplôme de Charlemagne du 27 mars 779; (D)); CIVITAS RODOMAGENSIS, RODOMO (Vita S. Eligii, II, 2); ROTOMANGENSIS URBS (F).
JCE : Ratomagos, Ptol; Rodomacus, N.T; Ratumagus, Rattumagus Peut.; Ratomago, I.A; Rotomagus, Ratomago, Ammien; Rotomago, N.D; (in) Rodomo, D.K 779; Rotumam (irruentes), A.B IXè; Ruem, Cam 14 vers 1130; Roem, 1285; Roan sur Sainne, C.C.N.F 1304-6; Roan, Civ. orbis terr. 1572).
C.
VIEUX-ROUEN-sur-Bresle Appelée Vieu-Rouen ou Vieux-Rouen, cette commune fut rebaptisée Vieux-Rouen-sur-Bresle par décret du 12 décembre 1904.
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A. Leduque (année 1972), Ambianie, p 69, (observation à propos du Vieil-Amiens) :
" D'anciens titres relatifs à la Neuville-les-Bray mentionnent le "Vetus Ambianum", ou Vieil-Amiens, en 1184. Ce toponyme semble provenir d'une altération de : Vadum, en Wez et Viex, signifiant à l'origine, le gué ou passage pour aller à Amiens. Il est à rapprocher de : Vieux- Rouen, près de Saint-Gerrmain-sur-Bresle".
Idem, p 164 : "Vieux-Rouen, gué ou passage pour aller à Rouen ..."
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Fr. de. Beaurepaire : Vetus Rodum v. 1034; Veteri Rotomo f. XIè. Ce nom est à rapprocher de Vieux-Rouen, ancien château et hameau de Saint-Pierre-du-Vauvray (Eure), ainsi que de Vieil-Evreux (Eure). Tandis que Vieil-Evreux est à proximité d'Evreux et représente un habitat primitif des Eburovices, les deux Vieux-Rouen se trouvent aux confins de l'ancien diocèse de Rouen, le premier à la frontière des diocèses de Rouen et d'Amiens, le second légèrement en dehors de l'ancien diocèse de Rouen, à proximité de la Seine qui le limitait avec le diocèse d'Evreux (il est vrai que le site pouvait initialement dépendre de la zone d'influence de Rouen); l'un et l'autre représentent peut-être d'anciens sites défensifs du territoire de Rouen, et il serait intéressant que des recherches archéologiques y soient poursuivies.
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Ancienne paroisse rattachée : Boafles.
L' Actualité archéologique (revue non identifiée), envoi de la Mairie du Vieux-Rouen / Bresle : Vetus Rothomagus (appellation attestée dès le Xè siècle). Voir article en page documentaire.
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H. Mollo : Réseau routier à l'époque gallo-romaine. Vieu Rouen se trouvait à la croisée d'une route menant de Beauvais à Ulterius Portus (Tréport) d'une part, et de Rouen à Samarobriva (Rotomagus, à un lieu près d'Amiens). Vieu = Via = le gué, le chemin.
Idem. Extrait d'Histoire de mon village (1970) : "... Cet exposé nous permettra-t-il de nous prononcer sur la querelle du Vetus-Rotomagus (Vieux-Rouen) et du Via-Rothomagensis (Vieu-Rouen) ? L'abbé Prouët a remarqué judicieusement que les anciens prononcaient Viarouen et Viérouen. Nos registres de catholicité conservés à la mairie font état de Viél-Roen et de Vié-Roen, comme de Vieux-Rouen. "Vieu est in mot dont nos pères se sont servis pour désigner un gué, déclare Toussaint Duplessy. Dans le haut moyen-âge (c'est une hypothèse que j'ose avancer) les scribes n'ont-ils pas, à tort, traduit ce "Vieu" par "Vetus" au lieu de "Via" ? Ils auraient ainsi, par erreur, officialisé dans leurs parchemins la nouvelle dénomination..."
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Gh. Gaudefroy (année 1983), LP, N° 86-87, p 17 et 20 : Rodeno (Abbaye de Saint-Denis). " Le toponyme RODENO, mentionné, à côté de Marca, dans les chartes carolingiennes de Saint-Denis, peut aboutir, par la chute régulière de la dentale intervocalique à la graphie *ROEN. C'est une forme que nous rencontrons dans le Roman de Rou comme graphie ancienne de la métropole normande Rouen. Aussi pouvons-nous souscrire à l'hypothèse de Sémichon lorsqu'il identifie Rodeno avec (Vieux) ROUEN (sur Bresle), dont on trouve, après l'an mil , les formes latinisées :
- Vetus Rodum, vers 1034; - Vetus Rothomagus (Vie de Saint Germain); in Veteri Rotomago (Charte d'Adelize, vers 1052); apud Viez Roem, fin XIIIè siècle.
On observe, de même, dans l'évolution du nom de ROUEN - la capitale normande - (< Rotomagus / Ratomagus) à travers les nombreuses variantes rencontrées dans les manuscrits, l'alternance entre les deux dentales sourde / sonore t / d : Rotomo, Rodomo sur des triens mérovingiens; Rothomo dans Frédégaire; Rodemum dans Flodoard, 954."
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Raymond de Boissard, Vallée de la Bresle, (année 1992) : p 7 "Il faudrait écrire Vieu sans X, qui est un mot gaulois signifiant gué".
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On trouvera ces textes, en clair, aux pages :
http://marikavel.org/bretagne/rennes/accueil.htmhttp://marikavel.org/france/normandie/rouen/accueil.htmhttp://marikavel.org/france/normandie/vieux-rouen/accueil.htm**************************************
Et l'on comprend encore un peu mieux ainsi l'accumulation de confusions qui a abouti à désigner Rennes, en Petite Bretagne, au détriment de celui placé sur l'itinéraire réel, et où se trouve notre fameux Himbaldus / Hubault.
JCE

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"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".
Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".