Salut à tous les villageois,
Le tunodo était l'argot breton parlé à la Roche-Derrien, en Trégor.
Dans la filée des recherches à propos du nom de la maison, j'ai retrouvé ce mot noté par Narcisse Quellien :
C'houez.
Mot curieux, qui demande une explication.
Quellien semble rapprocher ce mot de celui de l'odeur.
Ca me semble hasardeux.
Dans les commentaires qui suivent, on trouve :
"
ar c'houez, peut-être la forme radicale est-elle
*kouez cf. le mot d'argot
creux, logis, maison, F. M., qu'on écrivait autrefois
crues ? Pour la diphtongue, on peut comparer le vannetais
krouis, creux (adj.),
livr el labourer, 156, il creuse, 202,
krouisen, f. le creux d'un arbre, 186, le creux, la retraite (d'un chat-huant), 54, etc. F. Michel remarque qu'en vieux français
crues désignait « les cavernes et les retraites des animaux, surtout le terrier du renard ».
Un mot mieux conservé par l'argot vannetais est
kroez m. maison
sellet peh sort kroez, voyez quelle maison ;
er veilhen ag er hroez e zou ur gachel la fille de la maison est mauvaise ;
d'ur hroez ni (il vient) chez nous Donerh,
er hroez, er hoez la maison H. Le Goff ; argot fr.
creux, logis Deles., maison, logis quelconque, « les voyous anglais disent de même
ken, apocope de
kennel » (trou, terrier) Delv. ; dans le Midi
croso, croueso (marseill.) f. creux, cavité d'arbre, trou, terrier, repaire, grotte Mistral.
Aucun radical ne commençant en breton par
c'hr-, la chute de l'r est une conséquence naturelle de la généralisation de
(ar) *c'hrouez = argot van.
er hroez ; Notons cependant que
ar c'houez pourrait reproduire aussi un autre type ancien, M. Bruant donnant comme vieil argot
couès et
coys maison (ces mots manquent à F. Michel, L. Rig., etc.).
-----------------
Cette lecture m'a rappelé un propos d'un ami décédé, le père Mentec-Thuriaw (un gwenedour), qui me parlait d'une formule :
n'hag hoz na ti = sans abri / refuge ni maison.
Au vu de tout cela, j' obterais plutôt pour une relation
coys > c'houez.
Qu'en pensez vous ?
JCE

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".
Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".