@ OSTATU :
Voici les principaux éléments retenus par Gildas Buron :
> La tradition locale connaît les nombreuses sources d'eau douce de la plage de la Govelle, (les femmes venaient y quérir de l'eau potable ou laver leur linge, et les paludiers y lavaient leurs sacs) mais aucune forge.
> Des sources côtières similaires sont, de même, dénommées
Goviro ou
Er Goveleù dans la presqu'île de Quiberon (Bernier).
> La dissimilation R>L est attestée à Batz avec le nom d'homme
Guerver, alternativement noté avec un R ou L final dans les actes anciens, puis figé sous la forme
Guervel depuis la fin du XVIIIème.
@MORVAN :
J'avais listé les occurences du mot GOVEL en pays nantais quelque part sur ce forum. Ca doit pouvoir se retrouver.
Pour ce qui est du ruisseau dénommé
GOUARD en Joué-sur-Erdre, tu soulèves là un point sur lequel je me suis interrogé.
Joué est non loin mais en dehors de la limite d'extension maximale du breton, qui est Nort-sur-Erdre.
En admettant une racine celtique *WO-BERO (WO = en-desous, -BERO = qui coule) d'où vient le breton GOVER, on devrait avoir des occurences dans la toponymie romane du type *VEBRE, *VEVRE.
Le passage de W initial celtique à GW est en effet un phénomène purement breton. (vb Uuen (wen) > gwenn, mais gaulois uindos > "la Vendée").
Or que trouve -t-on dans la toponymie des abords de Nantes ? Des ruisseaux dénommés :
LE GESVRES (d'où le quartier dénommé GESVRINE à La Chapelle-sur-Erdre > suffixe celtique ?)
GAUBERT (Mauves / Thouaré), très proche de la forme bretonne GOVER
LE GOUARD (Joué-sur-Erdre).
Ces trois noms de la zone romane manifestement formés sur *WO-BERO devraient comporter un V à l'initiale. Que faut-il en penser ?
> Y a t-il eu en gaulois tardif local une évolution W initial > GW comparable au breton ? Léon Fleuriot a suggéré ce fait pour le nord de la France (Cf. Les origines de la Bretagne).
> Ces trois noms montrent-ils une influence (temporaire et ancienne) de la phonétique bretonne ?
> Est-ce un hasard ?
Je noterai pour finir que le
GOUARD alimente un étang dénommé le réservoir de
VIOREAU , lac naturel modifié au XIXe (barrage) pour alimenter le canal de Nantes à Brest > en admettant qu'il s'agisse là d'un traitement habituel de l'initiale (W > V), la ressemblance avec LE GHURO ou YORO de Batz-sur-Mer est frappante. Ce nom signifie-t-il "les ruisseaux, les sources" en gaulois ?