Ostatu Major; Mestr; Maestro

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 1108 Localisation : Pariz
| Sujet: Prima nocte Sam 12 Mai 2007 - 14:03 | |
| Dans "Braveheart", il est fait mention du "droit de prima nocte". Quelle est la réalité de ce "droit" ? Est-ce un fait historiquement avéré (notamment en Ecosse au XIIIème siècle) ? Mythe ou réalité ?
Voici le script :
"(English ride on horses) Lord Bottoms : I have come to claim the right of prima nocte. As lord of these lands I will bless this marriage by taking the bride into my bed on the first night of her union"
Wallace Monument
Dernière édition par le Jeu 26 Juil 2007 - 20:48, édité 3 fois |
|
Marc'heg an Avel Admin


Age : 61 Inscrit le : 27 Mar 2007 Messages : 1541 Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
| Sujet: Re: Prima nocte Sam 12 Mai 2007 - 14:13 | |
| C'est tout simplement le 'Droit de cuissage'.
Le seigneur a droit sur les cuisses de l'épouse avant le mari
... puisque l'épouse, elle aussi, est sujette ( = propriété) du seigneur.
JCE  |
|
Ostatu Major; Mestr; Maestro

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 1108 Localisation : Pariz
| Sujet: Re: Prima nocte Sam 12 Mai 2007 - 15:35 | |
| La réponse se trouve peut-être dans le livre d'Alain Boureau "Le droit de cuissage : histoire de la fabrication d'un mythe (XIIe-XXe siècle)". "Le cuissage à la trappe
Alain Boureau ne respecte rien. Naguère, il soutenait que la papesse Jeanne n'existait pas plus que la fée Mélusine. Aujourd'hui, il escamote ce bon vieux droit de cuissage, autre fleuron de nos représentations médiévales.
Nous avons été trompés par une de ces traditions qui élèvent des rumeurs au rang de vérités. Au demeurant, l'expression « droit de cuissage » ne remonte qu'au XVIIIe siècle, sous la plume de Voltaire. Quant au mythe lui-même, il semble né d'une légende écossaise, à moins qu'il ne soit le produit d'une surenchère dans la dénonciation des abus seigneuriaux. Mais si Rabelais, maître ès paillardises, n'en souffle mot et si les fabliaux que la grivoiserie n'a jamais rebutés font silence, comment y croire vraiment?
Le droit de cuissage ou droit de noces ou « jus primæ noctis » est en tout cas une belle invention, trop belle même puisque en plein XIXe siècle on vit les libéraux brandir le souvenir de cet usage comme l'expression la plus barbare du féodalisme auquel aspiraient les hommes de la réaction. Rassurons-nous, le droit de cuissage appartient, et pour longtemps encore, à notre Moyen Age imaginaire."
Lire - Daniel Bermond - mars 1995 |
|