ACADEMIA-CELTICA

Istor-Histoire; Douaroniezh- Géographie; Arkeologiezh-Archéologie; Gouennoniezh-Ethnologie; Yezhouriezh-Linguistique; Sevenadur hag Hengoun ar vroioù kelt - Culture et traditions des pays celtiques
 
Encyclopédie MarikavelAccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» Edesse confondue avec la Bretagne ?
Hier à 1:50 par Alexandre

» Tablettes écrites de l'Odissée ?
Dim 15 Juil 2018 - 7:42 par jeje

» Son ar chistr
Sam 14 Juil 2018 - 13:58 par Marc'heg an Avel

» Parler du sexe et du corps de l'autre
Jeu 12 Juil 2018 - 14:26 par Ostatu

» Fri an heol
Jeu 12 Juil 2018 - 14:19 par Ostatu

» François BUDET
Ven 6 Juil 2018 - 11:30 par Marc'heg an Avel

» Les Galates ... de Galatie
Mer 4 Juil 2018 - 21:34 par Marc'heg an Avel

» Loreena McKENNITT
Mar 26 Juin 2018 - 20:26 par Marc'heg an Avel

» De la relativité de l'importance de la Guerre des Gaules
Lun 25 Juin 2018 - 23:11 par Marc'heg an Avel

» Découverte archéologique à Tintagel
Dim 24 Juin 2018 - 21:59 par Marc'heg an Avel

» Ernest RENAN
Ven 22 Juin 2018 - 21:45 par Marc'heg an Avel

» Karrad = charretée
Ven 22 Juin 2018 - 9:16 par Marc'heg an Avel

» BELLE-ISLE-en-Terre / BENAC'H
Sam 16 Juin 2018 - 20:11 par Marc'heg an Avel

» Toponyme : "Bougro"
Dim 10 Juin 2018 - 8:31 par Rihowen

» Les onomatopées et interjections
Sam 9 Juin 2018 - 18:20 par jeje


Partagez | 
 

 Conan Mériadec

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Conan Mériadec   Ven 21 Aoû 2009 - 18:31

Bonjour à tous les amateurs de la question des origines de la Bretagne armoricaine.

Nous allons échanger à propos de Conan, ou Kynan, communément nommé Conan Mériadec, puisque le sujet semble être bloqué et/ou monopolisé et/ou tabou sur une encyclopédie interactive en ligne.

J'ai pris une large part dans la recherche de l'historicité de ce personnage très controversé, mais je promets à chacun de pouvoir intervenir librement sur ce sujet, en apportant ses visions, ses critiques, observations, et/ou contestations étayées et documentées, dans le seul intérêt de la Connaissance historique pour tous.

-------------

Personnage très controversé !

En effet, à la fin du XIXè siècle, certains auteurs pensaient pouvoir en donner une biographie très précise, faits et gestes, et dates à l'appui.

Dans la première partie du XXè siècle, d'autres auteurs, arguant du fait que le personnage trouvait ses origines chez Geoffroy de Monmouth (Histoire des Rois de Bretagne), ont estimé que cela n'avait que peu à voir avec l'Histoire, et l'ont rejeté sans ménagement dans les mythes et légendes. Dès lors, il était devenu incongru à quiconque de seulement essayer d'accorder un semblant de valeur historique au personnage de Kynan / Conan, au risque d'être la risée de l'Université.

Puis, au début des années 1980, Léon Fleuriot, auteur estimé et respecté de Bretagne, a tout de même soulevé que Maxime aurait très bien pu avoir dans son armée un chez breton portant le nom de Kynan / Conan, puisque ce nom est parfaitement reconnu valable pour des Bretons à cette époque.

Et voilà donc l'opinion à nouveau en contradiction avec elle même, et d'admettre, désormais, effectivement, que Maxime aurait très bien pu avoir dans son armée un chez breton portant le nom de Kynan / Conan, puisque c'était Léon Fleuriot qui l'avait dit.

Mais, comme malheureusement Léon Fleuriot nous a quittés trop tôt, en 1987, les écoles restent à nouveau figées sur leurs positions, et il transpire très nettement aujourd'hui que la vision mythique et légendaire de Conan Mériadec a repris le dessus.

Bref, c'est l'incompréhension totale, puisqu'il est établi, en corollaire, qu'il n'y a pas à discuter : Conan est mythe, un point c'est tout.

------------

Comment expliquer cela en introduction de quelques lignes.

Tout simplement parce que les écoles se disputent pour connaître ou essayer d'identifier la trajectoire suivie par l'expédition de Maxime, au printemps 383, de G. Bretagne vers les Gaules, et surtout d'identifier le port de débarquement.

Geoffroy dit que l'expédition de Maxime a trouvé une très grosse opposition de la part de Francs commandés par un certain Himbaldus, puis, qu'après avoir vaincu ceux-ci, elles se dirigèrent sur Paris, où elle mirent l'empereur Gratien en déroute, avant d'aller obtenir la soumission de Trèves, quartier général de la garde du Rhin.

Deux écoles traditionnelles s'affrontent :

- celle qui traduisant les propos de Geoffroy dit que Maxime se dirigea vers l'Armorique. C'est la version traditionnelle des nationalistes bretons, et on comprend pourquoi.

- celle qui traduisant les propos de Zosisme, dit que Maxime se dirigea vers les Bouches du Rhin. C'est la version suivie par Léon Fleuriot, et on comprend, pourquoi aussi, a contrario, elle ne fait pas l'unanimité chez les Bretons.

En conséquence de quoi, en l'absence de données historiques et géographiques claires, identifiant une trajectoire et un lieu de débarquement clairs, les mythologues rejettent le personnage Conan lui-même dans le mythe.

--------

à suivre.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Sam 22 Aoû 2009 - 9:31

Pour la bibliographie de base de la question de Maxime, et indirectement de celle de notre fameux Conan Mériadec :

- Pacatus : Panégyrique de Théodose, (Paneg.) XII,
Pacatus est un contemporain, qui a vécu l'évènement.

- Zosime : Histoire nouvelle. Livre IV.
Zosime a écrit son récit au début du Vè siècle, donc à une date très proche des évènements.

- Nennius : Historia Brittonum. écrit au début du iXè siècle, soit près de 450 ans les évènements.

- Geoffroy de Monmouth : Histoire des rois de Bretagne. rédigé entre 1135 et 1138, soit 750 ans après les évènements.

Nous possédons plusieurs variantes du texte de Geoffroy, dont Chronicon Briocense, des alentours de 21460.

-----------

Voilà pour les sources anciennes et médiévales, auxquelles on n'oubliera pas d'ajouter les Mabinogion, dont le Songe de Maxime.

------------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Sam 22 Aoû 2009 - 17:04

Etude chronologie.

Le texte de Geoffroy évoque : "Cinq années passèrent."

Nous connaissons le début de l'expédition de Maxime : au printemps 383, Gratien ayant été rattrapé et exécuté à Lyon le 23 août 383 (selon Bouvier-Ajam), le 25 août (selon Zosso & Zingg).

Que s'est-il donc passé en G. Bretagne 5 ans avant 383, c'est à dire avant 378 ? Nous n'avons guère de renseignements là-dessus, sauf que le comte espagnol Théodose y aurait rétabli l'ordre romain vers 370.

J'ai relevé la chronologie impériale :

http://marikavel.org/rome/empereurs.htm

à partir de Valentinien Ier :

- Flavius Valentinianus (Ier) Augustus : Fils de Gratien, militaire de carrière et courtisan. Né le 3 juillet 320 ou 321 à Cibalae en Pannonie. Dies imperium : 26 février 364, à Nicée. Valentinien Ier décède d'apoplexie, le 17 novembre 375, à Aquincum.

- Flavius Valens Augustus : Frère de l'empereur Valentinien Ier. Né en 328, à Cibalae en Pannonie. Dies imperium : 28 mars 364. Valens est tué avec toute sa famille et une grande partie de son armée par les Goths à Andrinople le 09 août 378.

- Procopius Augustus : hors sujet.

- Flavius Gratianus Augustus : Fils de l'empereur Valentinien Ier et de Marina, sa première épouse. Né le 18 avril ou le 23 mai 359 à Cibalae. Dies imperium : 24 août 367. Gratien est exécuté sur ordre d'Andragathius, pour le compte de Maxime, à Lyon, le 23 août 383 (Bouvier-Ajam), le 25 août (Zosso & Zingg).

- Magnus Clemens Maximus Augustus : Famille originaire d'Espagne. Date de naissance inconnue. Dies imperium : Printemps 383. Reconnu par Théodose en juillet 384. Maxime est décapité sur ordre de Théodose, près d'Aquilée, le 27 ou 28 août 388.

- Flavius Victor Augustus : Fils de l'empereur Maxime et de l'impératrice Elena, d'origine bretonne. Date de naissance inconnue. Dies imperium : en 387. Victor est assassiné sur ordre d'Arbogast, pour le compte de Théodose, à la fin 388 ou en 389.

- Flavius Valentinius (II) Augustus : Fils de l'empereur Valentinien Ier et de l'impératrice Justine, sa seconde épouse. Né le 02 juillet 371, à la villa Murocincta, près de Sirmium. Dies imperium : 22 novembre 375. Valentinien décède de mort suspecte le 15 mai 392, à Vienne, en Gaule.

- Flavius Theodosius Augustus : Fils de Théodose, officier supérieur de Valentinien Ier. Né le 11 janvier 347 à Cauca près de Valladolid, en Espagne. Dies imperium : 19 janvier 379. Théodose décède d'hydropisie à Milan le 17 janvier 395.

------------

A l'échelle de l'Empire, on constate que Valens, co-empereur d'Orient, est tué avec toute sa famille et une grande partie de son armée par les Goths à Andrinople (en Turquie) le 09 août 378.

On constate que Théodose (le jeune), fils du comte précité, est élevé à l'augustat le 19 janvier 379.

On sait que Théodose le jeune, et Maxime, étaient compagnons d'armes, tous deux Espagnols, dans l'armée du comte Théodose.

De là à s'imaginer une collusion entre eux, il n'y a qu'un pas. Certains auteurs ont déja soulevé cette question là.

Maxime aurait-il été favorisé de ce fait à la tête de la G. Bretagne par l'empereur Théodose au détriment d'un éventuel Kynan / Conan, d'extraction locale ?

That is one the questions.

N'hésitez pas à intervenir.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Dim 23 Aoû 2009 - 10:25

L'épopée de Conan (Mériadec) s'analyse dès lors selon trois époques :

- en G. Bretagne, avant le printemps 383,

- de 383 à 388,

- après 388, c'est à dire après la chute et l'élimination de Maxime.

------------

A l'intérieur de la deuxième époque, il y a celle de la participation à l'expédition de Maxime.

On verra que les analyses et les interprétations des textes de ce chapitre précis ont été à l'origine d'un monumental malentendu entre Bretons et Francs du Haut Moyen-âge, puis entre Bretons et Français post Carolingiens, ces malentendus ayant des répercussions même jusqu'à nos jours, tellement les positions, figées de part et d'autre, ont été exacerbées par d'étroites visions nationalistes de part et d'autre.

J'utilise ici le terme 'nationaliste' en tant que chercheur-historien en recherche d'objectivité, et non en tant que argument politique pour prendre le parti de qui que ce soit d'aujourd'hui.

J'espère que les intervenants, s'il y en a, s'attacheront à faire de même, dans le respect de la charte du forum.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Dim 23 Aoû 2009 - 14:44

Voici, en substance, la traduction française de chapitre par Laurence MATHEY-MAILLE. (Belles Lettres).

Geoffroy de Monmouth : Histoire des Rois de Bretagne.

.../...

(§ 84). Cinq ans plus tard, Maximien fut pris d'ambition du fait de l'immense quantité d'or et d'argent qui lui parvenait chaque jour. Il prépara une flotte très imposante et réunit tous les hommes en armes du pays. Le royaume de Bretagne ne lui suffisait pas. Il espérait soumettre les Gaules. Il passa la mer et arriva d'abord dans le royaume d'Armorique, maintenant appelé Bretagne. Il se mit à attaquer le peuple franc qui vivait là. Sous la conduite de leur chef Imbaltus, les Francs marchèrent contre Maximien et engagèrent le combat. Mais face au danger, la plupart prirent la fuite. Imbaltus et quinze mille soldats venus de tout le royaume tombèrent au combat.

Après avoir causé un tel désastre, Maximien fut rempli d'une immense joie, sachant que la mort de tant d'hommes devait faciliter l'assujettissement du pays. Il fit donc venir Conan auprès de lui à l'écart des troupes et lui dit avec un sourire : "Voici que nous avons soumis l'un des royaumes les plus puissants de la Gaule et que se dessine pour nous l'espoir de conquérir les autres. Hâtons-nous de prendre les villes et places-fortes avant que le bruit du péril ne parvienne en Gaule ultérieure et ne provoque l'appel aux armes de tous les peuples. De fait, si nous pouvons tenir ce royaume, je n'hésite pas à affirmer que nous réduirons toute la Gaule à notre pouvoir. Ne sois donc pas affligé de m'avoir cédé la souveraineté de l'île de Bretagne, même si tu avais nourri l'espoir de la posséder : en effet tout ce que tu as perdu en Bretagne, je te le rendrai en ce pays. Je ferai de toi le roi de ce royaume. Ce sera une seconde Bretagne que nous peuplerons de notre race après avoir chassé les indigènes. Ce pays possède des champs fertiles, les fleuves y sont poissonneux, les bois magnifiques, les prairies partout agréables; à mon avis, il n'existe nulle part de terre plus plaisante. A ces mots, Conan baissa la tête et remercia Maximien auquel il promit de demeurer fidèlement soumis toute sa vie".

-------------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Lun 24 Aoû 2009 - 13:40

Chronicon Briocenses. (Gwenaël Le Duc et Claude Sterckx. UHB-IARHR). Librairie klincksieck. 1972.

1 Sciendum est quod anno Domini CCCLXI Maximianus Caesar Rex Maioris Britanniae, emenso denique quinquenio, postquam fuit in regem sublimatus, superbiuit propter infinitam copiam auri et argenti quae quotidie illi affluebat parauitque nauigium maximum, omnemque militem armatum Britanniae collegit. Non sufficiebat ei regnum Britanniae, quin affectaret Gallias subiugare. 2 Cum igitur transfretauit, adiuit primitus Armoricum regnum, / quod Britannia nunc dicitur, et populum Francorum tune paganum qui inerat debellare incepit. 3 At Franci, duce Inbaltho, obuiam uenientes pugnam fecerunt contra illum ; sed in maiori parte periclitati fugam înierunt. Ceciderat namque Dux Inbalthus et XV milia armatorum qui ex omni regno illo conuenerant. 4 Vt igitur tantam cladem ingessit Maximianus, maximo fluctuauit gaudio, quia interitu tôt uirorum sciebat patriam deinde leuiter subdendam. 5 Vocauit ergo Conanum Meriadocum extra turmas ad se et paulisper subridens ait : « Ecce enim unum ex potioribus Galliae regnis subiugauimus. Ecce spem ad cetera habere possumus. 6 Festinemus urbes et oppida capere, antequam rumor huius periculi in ulteriorem Galliam euolans, uniuersos populos ad arma prouocet. 7 Nom si istud regnum habere poterimus non haesito, quin totam Galliam potestati nostrae subdemus ; née pigeât ergo te regnum Britanniae insulae, mihi ces-sisse, licet possidendi, eam spem / habuisses, quia quicquid in illa amisisti, tibi in hac patria restaurabo. 8 Promouebo te etenim in regem huius regni. Et erit haec patria altéra Britannia et eam ex génère nostro, expulsis indigenis, repleamus. 9 Patria namque fertilis est segetibus et flumina piscosa sunt, nemora perpulchra et saltus ubique amoeni. Nec est uspiam, meo iudicio, gratior tellus. » 10 Ad haec inclinato capite grates egit Conanus, pro-misitque fidelem in obsequio suo se mansurum dum uiueret.


On sait qu'en l'an du Seigneur 361, Maximien César, roi de Grande Bretagne, après avoir passé quinze ans sur le trône, s'enorgueillit de la grande quantité d'or et d'argent qui affluait chaque jour dans ses coffres, prépara une flotte immense et rassembla tous les hommes d'armes de Bretagne : le royaume de Bretagne ne lui suffisait pas et il entendait conquérir la Gaule. Comme il passait la Manche, il aborda en premier lieu en Armorique, maintenant appelée Bretagne. Il commença à combattre les Français, alors païens, qui y étaient. Ces derniers, conduits par leur chef Imbalthus, marchèrent sur eux et les affrontèrent. Mais, mis hors de combat pour la plupart, ils prirent la fuite. Leur duc Imbalthus périt dans ce combat avec 15 000 hommes d'armes qui venaient de tous les coins du royaume. Maximien avait fait un tel carnage qu'il était comblé de joie, parce qu'il savait qu'avec tant d'hommes le pays lui serait soumis sous peu. Il appela vers lui Conan Mériadec, qui était dans son escadron et, souriant, lui dit : « Nous avons soumis un des plus puissants royaumes de la Gaule et nous pouvons avoir l'espoir de soumettre les autres. Dépêchons-nous de prendre les villes et les places fortes avant que l'annonce du péril, volant à l'autre bout de la Gaule, ne
provoque une levée en armes. Car, si nous avons pu prendre ce royaume, je n'hésite pas à nous soumettre la Gaule. Ne regrette pas de m'avoir donné le royaume de l'île de Bretagne, car ce que je t'ai enlevé là-bas, je te le rends ici. Je te nomme roi de ce pays, qui sera une autre Bretagne, et nous la coloniserons dès que nous en aurons chassé les indigènes. Cette patrie a des champs fertiles, les fleuves sont poissonneux, les forêts splendides, les bois partout agréables. Il n'y a pas, à mon avis, de meilleure terre. » Ayant accepté d'un hochement de tête, Conan promit fidélité à Maximien.

-----------

Pour étude, analyses, et commentaires.

(Si vous repérez des co(q)uilles dans ces textes, elles proviendraient des outils de traduction. Vous serez bien aimables d'en demander les corrections).

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Lun 24 Aoû 2009 - 14:04

Première observation : erreur sur le nom de la personne.

En effet, ces textes donnent le nom de Maximien / Maximianus.

Cela a, bien entendu, donné lieu à des débats. Mais les historiens qui ont analysé ce texte sont aujourd'hui unanimes pour dire qu'il y a eu confusion dans l'écriture du nom entre Maximianus et Maximus.

Dans l'histoire des empereurs, nous avons :

- Maxence / Maxentius :

- Magnence / Flavius Magnentius

- Maximien Hercule (Marcus Aurelius Maximianus Hercules)

- Maximin (... Maximinus)

- Maximin Daia (...)

-------------

C'est aujourd'hui une affaire entendue : celui qui est à l'origine de l'assassinat de Gratien s'appelle Magnus Clemens Maximus.

-------------

Il est donc plus que probable que voir apparaître un autre nom provienne d'une erreur de lecture ou d'une confusion faite par un scribe qui, soit ne disposait pas de moyens suffisants de vérification, ou soit n'a pas vérifié son texte.

En tout état de cause, ce type d'erreur est extrêmement fréquent dans les textes anciens, réécrits à différentes époques par des personnes, bien que de bonne foi, n'avaient pas forcément à leur disposition tous les éléments de contrôle, eux-mêmes se trouvant très décalés dans le temps, et pour beaucoup d'entre eux, ignorants et loin des données réelles de l'Histoire et de la Géographie.

Ces erreurs ne doivent pas, pour autant, conduire à qualifier leurs écrits de légendes. C'est aux historiens, dignes de ce nom, de savoir faire la part des choses et de rectifier.

--------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mar 25 Aoû 2009 - 9:48

Citation de Chron.Brioc :

"On sait qu'en l'an du Seigneur 361, Maximien César, roi de Grande Bretagne, après avoir passé quinze ans sur le trône,..."

----------

Une fois rectifiée la confusion Maximus / Maximianus, il faut traiter cette question de dates : 361 et 15 ans.

Partant à rebours de 383, qui est connue, on retranche 15 ans, et on arrive donc en 368.

Maxime est-il attesté en G. Bretagne en 368 ?

Il faut savoir que c'est dans le courant de 367 que l'empereur Valentinien Ier a donné mission au comte espagnol Théodose, à partir d'Amiens, de partir en G. Bretagne pour y rétablir l'ordre romain.

Les analyses qui ont été faites par les historiens, en particulier concernant le Panégyrique de Théodose, par Pacatus, ont estimé que certains aspects relationnels entre Maxime et Théodose le jeune (devenu empereur Théodose Ier), permettaient de dire que, encore jeunes gens, issus de la même région, et peut-être même de la même ville, en Espagne, et peut-être proches sans pour autant être apparentés, ont fait partie de l'armée du comte Théodose.

Dans cette optique, on peut donc admettre le fait que Maxime a passé quinze ans en G. Bretagne, avant son pronunciamento.

Il n'a probablement pas été 'roi' stricto sensus, mais responsable de haut niveau, en qualité d'officier supérieur.

On peut néanmoins recouper cette notion de 'roi' avec l'information selon laquelle il aurait épousé la fille d'un roi local, Elen, fille d'Eudaf, et qu'il aurait supplanté le frère de celle-ci ( Conan ?), dans la lignée de droit d'Eudaf.

cit. : "Ne regrette pas de m'avoir donné le royaume de l'île de Bretagne, car ce que je t'ai enlevé là-bas ..."

Cela, comme on l'a vu précédemment, s'est apparemment déroulé cinq ans avant 383.

Ce décalage de cinq ans, semble avoir été repris par le scribe, déjà fautif de l'identification du personnage, et qui nous fait apparaître la date de 361, puisque, avec une tolérance de 1 an, si l'on prend le début ou la fin de l'année, on retombe sur l'année 367, année de la mission confiée au comte Théodose.

------------------

Donc, en résumé, on peut répondre que Maxime a bien été présent en G.B pendant 15 ans avant son pronunciamento, et qu'il y a exercé une fonction de responsable politico-militaire de haut niveau.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mar 25 Aoû 2009 - 11:41

Nous touchons ici au coeur même de la racine du débat d'antériorité franco-breton :


Lewis Thorpe :

"He crossed the channel and went firts to the kingdom of the Aremorici, which is now called Brittany. He began to attack the Frankish race which lived there".

Laurence Mathey-Maille :

Il passa la mer et arriva d'abord dans le royaume d'Armorique, maintenant appelé Bretagne. Il se mit à attaquer le peuple franc qui vivait là.

Chron. Brioc.

"Cum igitur transfretauit, adiuit primitus Armoricum regnum, / quod Britannia nunc dicitur, et populum Francorum tune paganum qui inerat debellare incepit".

"Comme il passait la Manche, il aborda en premier lieu en Armorique, maintenant appelée Bretagne. Il commença à combattre les Français, alors païens, qui y étaient
".

------------------

Histoire ou Légende ?

JCE studiañ skratch

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mar 25 Aoû 2009 - 14:27

Se basant sur l'équation : Bretagne = Armorique,

- des nationalistes bretons affirment que la Bretagne actuelle existe donc, dans son ensemble, depuis Maxime, de Brest à Varades, et qu'elle est de Droit, puisque octroyée par décision de Maxime, qui fut empereur, décision donc confirmée par le sénat romain.

- ce à quoi des nationalistes français rétorquent : désolés, messieurs les Bretons, car le texte sur lequel vous vous appuyez stipule clairement que les Francs y étaient installés avant les Bretons.

---------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 26 Aoû 2009 - 9:32

Cette équation Bretagne = Armorique a donc fini par aboutir en postulat, puisque chaque parti y trouve son argument et son intérêt politique.

Sauf les historiens, bien entendu.

Et l'on a tôt fait de mettre en évidence ce débat de faux plaideurs, dont les nez, à la manière de celui de Pinocchio, s'allongent à faire pâlir de jalousie Cyrano lui-même.

Première conséquence de ce faux débat : rendre incompréhensible la mention de Jules César parlant des peuples riverains de l'Océan, et qui se disent Armoricains, puisque parmi ceux-là, il englobent les Unelles du Cotentin, et les Calètes du pays de Caux, mais sans évoquer les Namnètes. Le cas des Vénètes, qui sont présents dans certains manuscrits de César et pas dans d'autres y est particulièrement sensible.

Si on cherche un débarquement de Maxime à l'ouest du Mont Saint-Michel, à savoir dans le Léon, comme le font la plupart des commentateurs bretons, ou dans la baie de Saint-Malo, comme tente de le faire Loïc Langouët, spécialiste des Curiosolites, on est tenu d'admettre la présence de Francs en ces endroits là avant Maxime.

Et celà, personne n'a encore pu le démontrer. La seule unité franque étant celle de Rennes, qui, aux dires d' Anne-Marie Rouanet-Liesenfelt, était si ridiculement inefficace, qu'il n'était même pas envisageable qu'elle puisse fournir 15 000 soldats.

De ce point de vue là, l'argument de Léon Fleuriot est plus sûr, car en envisageant un débarquement près des bouches du Rhin, on est sûr de tomber sur des Francs Saliens, puisque c'est chez eux. Mais là, on n'est plus du tout en Armorique, ni même en Belgique, mais en basse Germanie. Et l'argument n'aurait de valeur que si on considère que la notion d'Armorique concerne l'ensemble des peuples riverains de la mer.

A titre documentaire, j'ai listé tous les pays, fleuves, et peuples, riverains de l'Océan, depuis l'Inde jusque la Scandinavie, en faisant le tour de l'Afrique, à partir des données des géographes et historiens de l'antiquité gréco-romaine.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 26 Aoû 2009 - 14:12

Un texte de Nennius a aussi une très grande importance dans cette énigme, à savoir Nennius : Historia Brittonum.

(début IXè siècle) :
    
Texte latin présenté dans Nennius. British History and The Welsh Annals, par John Morris.

27. Septimus imperator regnavit in Brittania Maximianus. Ipse perrexit cum omnibus militibus Brittonum a Brittannia, et occidit Gratianum, regem Romanorum, et imperium tenuit totius Europae, et noluit dimittere milites, qui perrexerunt cum eo, ad Brittanniam, ad uxores suas et ad filios suos et ad possessiones suas, sed dedit illis multas regiones a stagno quod est super verticem Montis Jovis usque ad civitatem quae vocatur Cant Guic, et usque ad cumulum occidentalem, id est Cruc Ochidient.

Britones namque Armorici, qui ultra mare sunt, cum Maximo tyranno hinc in expeditionem exiuntes, quoniam redire nequiverant, occidentales partes Galliae solo tenus vastaverunt, nec mingentes ad parietem vivere reliquerunt, acceptisque eorum uxoribus et filiabus in coniugium omnes successio maternam linguam disceret; unde et nos illos vacamus in nostra lingua Letewicion, id est semitatences, quoniam conbfuse loquuntur.

Hi sunt Brittones Armorici, et numquam reversi sunt hucusque in hodiernum diem. Propter hoc Brittania occupata est ab extraneis gentibus et cives expulsi sunt, usque dum Deus auxilium dederit illis.
...

Traduction anglaise par John MORRIS.

The seventh emperor to reign in Britain was Maxim(ian)us. He went forth from Britain with all the troops of the British and killed Gratian, the king of the Romans, and held the empire af all Europe. He refused to send the soldiers who had gone forth with him back to Britain, to their wives and children and lands, but gave them many districs from the lake on the top of Mount Jove to the city called Quentovic, as far as the Western Mass, that is the Western Ridge.

For the Armorican British, who are overseas, went forth there with the tyrant Maximus on his campaign, and, since they were unwilling to return, they destroyed the western parts of Gaul to the ground, and did not leave alive those who piss against the wall. They married their wives and daughters and cut out their tongues, lest their descendants should learn their mother's tongue. That is why we call them in or language 'Letewicion', that is, half-dumb, because their speech is muddled.

They are the Armorican British, and they never came back, even to the present day. That is why Britain has been occupied by foreigners, and the citizens driven out, until God shall give them help.
...

Traduction française par Jean-Claude EVEN, dans Kavell ar Vro, page 25 et suivantes.

Le septième empereur qui régna en Bretagne fut Maxim(ian)us. Il quitta la Bretagne avec l'ensemble des soldats bretons, tua Gratien, le roi des Romains, détint le pouvoir sur l'ensemble de l'Europe et refusa de renvoyer en Bretagne les soldats qui étaient partis avec lui, à leurs femmes et à leurs enfants, aussi bien qu'à leurs propriétés, mais leur donna de nombreuses terres depuis l'étang qui se trouve super verticem du Mont Jovis jusqu'à la cité que l'on nomme Cant Guic, et jusqu'au sommet occidental qui est Cruc Ochient.

En effet, les Bretons Armoricains, qui sont de l'autre côté de la mer, partirent d'ici en compagnie de Maxime lors de ses expéditions et, se trouvant dans l'impossibilité de revenir, dévastèrent jusqu'au sol les parties occidentales de la Gaule, sans laisser vivants ceux qui trouvaient à s'en plaindre, s'emparèrent de leurs femmes et de leurs filles, après leur avoir coupé la langue à toutes, de façon à ce que leurs descendants ne connaissent pas la langue de leurs mères; c'est pourquoi nous les appelons dans notre langue 'Letewicion', ce qui veut dire à demi-muets, car leur façon de parler est confuse.

Ceux-ci sont les Bretons Armoricains, et ils ne sont jamais revenus jusqu'à ce jour. C'est à cause de cela que la Bretagne fut occupée par des nations étrangères et que les citoyens en furent expulsés, jusqu'à ce que Dieu leur vienne en aide."

-------------------

la question du triangle Montis Jovis / Cant Guic / Cruc Ochidient, a donné lieu à de nombreuses propositions et controverses.

---------------------

toujours dans la vision 'nationaliste' bretonne, certains ont proposé d'y voir respectivement :

- Mons Jovis = le Mont Dol
- Cant Guic = Nantes
- Cruc Ochidient = Memez Hom

L'un des derniers auteurs qui l'a évoqué fut Marc Deceneux ( décédé en 2009), reprenant lui-même les propos d'un auteur précédent.

-----------------

Léon Fleuriot, suivant une vision 'classique', propose :

- Mons Jovis = le Grand saint Bernard, dans les Alpes,
- Cant Guic = Quentovic (Etaples, dans le Pas de Calais)
- Cruc Ochidient = Memez Hom

-----------------

On peut aisément comprendre pourquoi certains se résignent à ne voir dans cette épopée que de la Légende et du Mythe :

- on n'est pas sûr du personnage Conan,
- on ne sait pas où il a débarqué,
- on ne comprend pas la présence des Francs, et a fortiori, on ne sait pas qui est Himbaldus, le chef Franc qui s'est opposé au débarquement,
- on n'est pas d'accord sur la définition du territoire octroyé par Maxime à ses Bretons.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Jeu 27 Aoû 2009 - 10:09

Un autre argument développé par le côté nationaliste breton repose sur le nom Redon(em), donné pour celui d'une ville prise par Maxime au soir même du débarquement.

Le rapprochement avec la ville de Rennes est quasiment immédiat, et c'est ce qui apparaît d'ailleurs dans les traductions proposées ci-dessus.

Les variantes des manuscrits donnent :

Redonem, Redonum, Rhedonas.

-------------

Les formes anciennes écrites du nom de la ville de Rennes sont :

http://marikavel.org/bretagne/rennes/accueil.htm



* Ogée : " Les anciennes cartes géographiques lui donnent le nom de Condate Rhedonum, nom qu'elle a quitté pour prendre celui du peuple qui l'habitait, Rhedones, dont, par corruption, on a formé le mot Rennes".

* A-M ROUANET-LIESENFELT :

César, Guerre des Gaules, II,3,4; et 75,1 - 4 : Redones;

Pline l'Ancien, Histoire naturelle, IV,XVIII : Rhedones.

Claude Ptolémée : Redones ( = Riedones)

Notitia Dignitatum : Redonas

Notitia Galliarum : Civitas Redonum

Grégoire de Tours, V,29 : " Brittani (...) graviter regionem Rhedonicam ..."

Grégoire de Tours, X,9 : " ... Brittani circa urbes Namneticam utique et Redonicam ..."


Débat sur la question graphique, par A-M ROUANET-LIESENFELT, p 6 :

" On a longtemps hésité sur l'orthographe antique du mot. On connaissait, depuis 1868, l'inscription trouvée dans le rempart de Rennes qui mentionnait la (civ)itas Ried(onum). Mais comme elle était fragmentaire, qu'aucune autre ne la corroborait, et aussi, sans doute, la force de l'habitude l'emportant, in a préféré jusqu'à une date toute récente la graphie Redones que semblait appuyer la tradition littéraire. Seul, O. Hirschfeld manifestait quelques doutes et intitulait la section du Corpus Inscriptionum Latinarum consacrée à notre région, Redones sive Riedones.

Les manuscrits de la Guerre des Gaules de César, de la Notitia Galliarum, de la Notitia Dignintatum, puis les auteurs du haut Moyen-Age donnent la forme Redones et parfois Rhedones, notamment ceux de Grégoire de Tours où les deux graphies alternent. Par contre, ceux de l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien portent Rhiedones, Shiedones, Siedones, et ceux du géographe Ptolémée Rihdones (pour la plupart), Rhedones, ou encore Rhidones.

Or, la découverte, en 1968, des dédicaces de T. Flavius Postuminus, où l'on lit sans possibilité d'erreur l'appellation officielle au IIIè siècle, civitas Riedonum, a donné raison à Mowat, qui prônait cette lecture; c'est pourquoi nous avons constamment employé la forme Riedones ..."

------------------

Le réflexe d'identification avec Rennes est donc facilement compréhensible, puisqu'on sait que la cité des Redones se trouvait dans la liste des cités armoricaines de Jules César, qu'il y a eu une unité de lètes Francs en cette ville, et que cette ville faisait partie de la Petite Bretagne après Noménoé et Erispoé, c'est à dire depuis 851, et qu'elle a toujours fait partie de la Petite Bretagne depuis cette date.

Ceci dit, à l'époque du Bas empire, cette cité avait perdu sa frange maritime au profit des Curiosolites, et cette unité franque n'en n'avait pas la garde, celle-ci étant assurée par les Martenses d'Alet (St Malo).

------------------

Accessoirement, on peut d'ores et déjà poser la question :

- comment fait-on pour s'emparer de Rennes, à la fin de la journée du débarquement, si on place celui-ci au Conquet (près de Brest), ou dans la baie de Morlaix.

- Loïc Langouët estime que cela est possible à partir de la baie de St Malo.

Pour Léon Fleuriot, la vision est différente, puisqu'il place le lieu de débarquement près de l'embouchure du Rhin. Il va sans dire que, dans ce cas, ou bien il s'agit d'une autre ville, ou bien il s'agit d'un rajout postérieur.

------------------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Ven 28 Aoû 2009 - 9:26

Hypothèse Mons Jovis au Mont-Dol, et Cant-Guic à Nantes.

C'est la version suivie par la vision nationaliste bretonne, puisque cela permet d'intégrer Rennes et Nantes dans la Bretagne originelle de Maxime et donc de Conan (Mériadec).

Pour le Mons Jovis, il est précisé : 'stagnum quod est super verticem ..."

L'argument est donc de trouver un mont au sommet duquel il y aurait une pièce d'eau (étang). Cela semble bien être le cas du Mont-Dol (cf. M. Deceneux). De plus, cet endroit se trouve bien en 'Armorique', tant dans la liste de Jules César, que dans l'évolution administrative, politique, et militaire, du Bas-empire.
La proposition est donc acceptable, a priori.

Et pourtant, d'autres l'ont pointé au Grand Saint Bernard, connu sous le nom de Mons Jovis. Mais nous sommes là dans les Alpes, ce qui semble curieux du point de vue du concept de l'Armorique.

Par ailleurs, Marc Deceneux est contraint d'envisager Jupiter derrière Taranis :

"Le Jupiter Gaulois honoré au Mont-Dol était Taranis, parfois désigné sous le nom de Sucellos, et correspondant au dieu irlandais Dagda."

On peut alors se demander pourquoi ce mont ne nous soit pas parvenu sous une forme Mont-Jou, Mont-Jeu, etc , comme il l'a fait ailleurs.

---------

Pour le Cant-Guic, à Nantes, on recherche surtout une évolution du nom gaulois de cette ville : Condevincum, qui semble désigner un village situé dans un confluent.

Un problème est que les Namnètes ne sont dans la liste des cités dites 'armoricaines', chez Jules César.

Un autre problème est que ce nom, Cant-Guic, est revendiqué ailleurs, sous la forme Quentovic, à savoir à l'embouchure du fleuve côtier la Canche (Quentia), en Picardie, et discuté entre Etaples et Montreuil sur Mer.

-------------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Sam 29 Aoû 2009 - 13:50

ll est peut-être temps de faire un point sur cette question.

Devant ce qu'on peut objectivement considérer et/ou qualifier de fatras (confusion des dates, incertitude des lieux, incertitude des personnes), on peut avoir deux façons de réagir :

- 1. On peut faire comme beaucoup le font, considérer, en l'absence de données rationnelles, que cela provient du fait même que c'est de l'irrationnel, et on renvoie donc tout ça au rayon des légendes, et des contes, des mythes, et même, pour certains, des religions.

Les personnages ne sont pas réels : ils sont immatériels, provenant de concepts mythiques immémorables, ou se croisant entre différentes traditions et/ou littératures fantastiques ou héroïques.

je ne donnerai pas ici la liste des auteurs qui ont opté pour cette version. Ils sont innombrables, et omniprésents dans les universités autant que dans les librairies qualifiées de 'meilleures', ou dans les salons où il est chic de savoir parler de spiritualité.

Je sais, par expérience, qu'il est inutile de tenter de leur faire envisager une vision rationnelle de ces sujets, car ce faire imposerait qu'ils se renient eux-mêmes, alors que beaucoup d'entre eux ont passé leur vie à enseigner et à transmettre leur vision de l'irrationnel.

-----------------

2. On peut, posément, essayer de comprendre, s'il y a une réponse rationnelle possible, comment on a fait pour aboutir à ce fatras.

On met les choses à plat sur la table, en vrac comme elles arrivent, comme les pièces d'un puzzle, et on essaie de reconstituer la rationalité du sujet, en analysant ce qui est plausible et ce qui ne l'est pas, sans rien rejeter a priori, et en acceptant qu'il va probablement manquer des pièces, ou qu'il va y avoir des pièces étrangères, en trop, inventées, ou provenant d'autres puzzles.

Si ce travail de reconstitution aboutit à une réponse rationnelle, il ne faut pas hésiter à le faire savoir.

Si ce travail de reconstitution n'aboutit pas, il ne faut pas craindre de le dire non plus, car, ce qu'on ne trouve pas aujourd'hui pourra néanmoins servir de base aux chercheurs qui nous succèderont.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Sam 29 Aoû 2009 - 21:58

L'un des points les plus importants de la discussion repose sur le sens à accorder au nom Armorique.

Les traductions du texte de Geoffroy de Monmouth nous disent :

"Il passa la mer et arriva d'abord dans le royaume d'Armorique, maintenant appelé Bretagne".

Nous pouvons donc séparer cette phrase en deux parties :

a - Il passa la mer et arriva d'abord dans le royaume d'Armorique,

b - maintenant appelé Bretagne

la première partie est en principe une désignation de l'époque de Maxime (fin IVè) siècle, époque à laquelle on n'a pas encore connaissance de l'existence du (petite) Bretagne en Armorique,

la seconde partie est une désignation de l'époque de l'écriture du texte, rédigé entre 1135 et 1138, soit 750 ans après les évènements.

A l'époque de Geoffroy, Nantes et Rennes font partie de la P. Bretagne.

Cependant, vers 825, date du texte de Nennius, ni Nantes ni Rennes ne font encore partie de la P. Bretagne. De fait, Nennius n'a pas pu parler de quelque chose qu'il n'a pas connu.

Ainsi, on est bien obligé de reconnaître la justesse d'opinion d'Aurélien de Courson, lorsqu'il écrit, à la fin du XIXè siècle :

"Cette déplorable confusion des mots Bretagne et Armorique est une source d'erreurs sans cesse renouvelée."

(Aurélien de Courson : 1811 / 1889. Histoire des peuples bretons dans la Gaule et dans les îles britanniques.)

Cette confusion, on peut le répéter sans fin, est une véritable calamité, un véritable boulet, une impasse totale, pour la compréhension de l'histoire de la Bretagne armoricaine en particulier, et de l'histoire de la Gaule armoricaine en général.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Dim 30 Aoû 2009 - 10:33

Devant les critiques incessantes justifiées des historiens, on a vu apparaître l'idée que la notion de l'Armorique ne désignait pas seulement la Petite Bretagne actuelle, mais un littoral maritime pouvant aller de l'embouchure de la Garonne à celle de la Seine. Ca permettrait d'expliquer le nom d'Aquitaine ( pays de l'eau), qui ne serait donc qu'un doublet de l'Armorique. Il suffirait de placer Blabia, à Blaye, en Gironde, plutôt qu'à l'embouchure du Blavet, de rechercher Mériadec à Bordeaux et saint Emilion, un Breton, et le tour est joué, on aurait le littoral de la Gaule celtique pré-augustéenne.

Du même coup, on résout la question des Lémovices, peuple qui a donné son nom au Limousin, et qualifié d'armoricain dans la liste de Jules César.

Il va sans dire que le seul fait de prolonger les limites de l'Armorique à l'est et au sud de la P. Bretagne actuel réduit à néant l'identification donnée dans le texte de Geoffroy, et permet, de facto, de rechercher le lieu de débarquement de Maxime hors des limites de la P. Bretagne.

Certains ont cependant recherché les Lémovices ailleurs que dans le Limousin, ce qui tend déjà à démontrer que ce propos est discutable. L'attention s'est portée sur la Limousinière, commune des confins de la Bretagne sub-liguérienne et de la Vendée, aujourd'hui dans la région économique dite 'des Pays de Loire', département de Loire Atlantique, arrondissement de Nantes; canton de Saint-Philibert-de-Grand-Lieu; sur la Logne.

Mais l'étymologie proposée par Dauzat et Rostaing à partir d'un hypothétique Limousin est battue en brèche, au profit de celle d'aumônerie, maison charitable.

http://marikavel.org/bretagne/limouziniere/accueil.htm

--------------

Ce qu'on observe, dans cette idée d'une "Armorique", allant de la Garonne à l'embouchure de la Seine oublie les Calètes, situés à l'est de la Seine, jusqu'à la Bresle.

Rappelons la liste des cités qui se disent armoricaines, selon César : Ossismes, Curiosolites, Redones, Unelles, Calètes, Lexovii. Le cas des Vénètes est aléatoire, puisque présents dans certains manuscrits, et absents des autres. On observe dès le départ, que les cinq premiers ont un paramètre commun, à savoir de présenter un littoral sur la Manche. Les Vénètes ne le font pas, étant orientés au sud, sur l'Atlantique.

Pour les Lémovices, l'énigme se résout comme suit :
Un peuple littoral de la Manche présente un nom qui commence par Le- : il s'agit des Lexovii, qui ont donné leur nom au Lieuvin, pays de Lisieux.

Il faut comparer les cinq premières lettres des deux noms : Lemovices et Lexovii :


- LEMOV-
- LEXOV -


L'erreur provient de la confusion entre les lettres M et X.

On peut observer qu'une mauvaise graphie du X, peut conduire à lire A ou un V, voir un M.

Mal renseigné, ou allant jusqu'au bout de sa logique, le scribe ou le copiste, prenant le X pour un M, n'avait plus à sa disposition que le nom des Lemovices.

En procédant à l'envers de cela, c'est à dire en choisissant les Lexovii au lieu des Lemocices, ont se trouve donc sur le littoral de la Manche, conforme au paramètre commun des précédents, y compris les Calètes. Il ne reste plus d'absents, dans cette liste, que les Bodiocasses (Bayeux), et Viducasses (Vieux, près de Caen). Il semble que là, nous n'ayons pas à faire à des peuples dominants, mais à des peuples clients, c'est a dire tributaires de leurs voisins. On pourra néanmoins réfléchir sur l'étymologie du nom d'Arromanche.

Cette vision : Armorique = littoral de la Manche, règle du même coup le cas des Lémovices, de l'Aquitaine, et du faux postulat établi par le texte de Geoffroy.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Dim 30 Aoû 2009 - 13:23



Extrait de : Genèse de la Bretagne armoricaine. JC Even. Copyright.

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Lun 31 Aoû 2009 - 11:15

Il va de soi que cette mise au point va poser un problème aux historiens surtout en ce qui concerne les Vénètes, que l'on a coutume de qualifier armoricains, du fait de leur participation à la coalition contre Jules César.

Ce sera, il faut l'avouer, une petite 'révolution' dans cette coutume, dûe essentiellement aux confusions déjà évoquées ci-avant.

Mais on se rendra compte rapidement que ne pas les qualifier armoricains, au vu de la liste de César, ne leur enlève rien quant à leur rôle dans l'Histoire de la Guerre des Gaules, même dans le cadre d'une confédération de peuples maritimes, puisqu'en l'occurrence, nous avons à faire à cette époque à des Gaulois et non à des Bretons, qui eux, désignent uniquement les habitants de la G. Bretagne, et qui, eux aussi, ont prêté main forte aux peuplus du nord de la Gaule, aussi bien aux Armoricains qu'aux Belges.

Bien entendu, vu tout ce qui a été écrit et dit sur les Vénètes de cette époque risque fort d'être répété encore longtemps, avant qu'on pense, qu'on accepte, qu'on dise, et qu'on écrive, qu'ils ne sont pas armoricains au sens ou César l'entend.

-------------

Par contre, cette identification permet de résoudre une question en suspens hors du continent, à savoir à propos de l'île de Wight, en Angleterre, comté de Hampshire.

En effet, voici ce qu'on lit chez Nennius (820/825 env.), Historia Brittonum, §8, :

"Tres magna insulas habet, quarum una vergit contra Armoricas et vocatur Inis Gueith, ...". 

Traduction anglaise de John Morris : "It has three large island. One of them lies towards Armorica, and is called the Isle of Wight; ..."

Ce que l'on peut traduire en langue française : "Elle (G.B) possède trois grandes îles, dont l'une est située face à l'Armorique, et est appelée île de Wight".

>>> réponse impossible si l'Armorique correspond seulement à la P. Bretagne;

>>> réponse possible dès lors que l'Armorique englobe aussi le littoral normand.

cqfd.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 2 Sep 2009 - 12:08

Sur le schéma ci-dessus, on voit apparaître trois blancs :

- les Abrincates (Avranches). Certains y voient un peuple client, de préférence des Unelles; d'autres y proposent les Ambibarii.

- les Viducasses (Vieux) et les Bodiocasses (Bayeux), dont il a déjà été question plus haut,

- les Ambiani (Amiens) : ce cas doit probablement être interprété aussi par une erreur de scribe ou copiste, vu les confusions relevées avec des Ambarrii, Ambibarii, Ambiliati, dont les noms désignent des peuples situés à cheval ( ambi-) sur une rivière.

En incluant les Ambiani, qui sont à cheval sur la Somme (Samara / Sambara), on obtient donc une ligne continue de la pointe St Mathieu à la Canche, cette dernière faisant la limite entre les Ambiani et les Morini, et à l'embouchure de laquelle se trouve précisément Quentovic, qui a tout argument pour prétendre être le Cant-Guic de Nennius.

Notons enfin qu'un document donne aussi une variante du nom des Morini : Morini Aremorici.

Ceux-ci ont en effet une façade sur la Manche (Canche - Cap Gris-Nez), et une façade sur le détroit du Pas de Calais (Cap Gris Nez - Clais / Oye), lequel détroit : Fretum Gallicum, est réputé faire partie des Bouches du Rhin, selon Strabon.

Accessoirement, ce littoral, de la pointe St Mathieu à l'embouchure du Rhin, répond aussi à l'appellation du duché maritime du début du Vè siècle : Tractus Armoricani et Nervicani, les Nerviens se trouvant tout près de l'embouchure du Rhin.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 2 Sep 2009 - 21:48

Tout ceci étant dit, nous pouvons d'ores et déjà en tirer comme conclusion :

- A partir du moment où on accepte que l'Armorique ne désigne pas uniquement la Petite Bretagne actuelle, mais un rivage bien plus étendu, cela a pour effet d'anéantir purement et simplement l'équation de Geoffroy de Monmouth, et donc les arguments de ceux qui s'y reposent comme sur un dogme.

>> on peut donc envisager un lieu de débarquement ailleurs qu'en P. Bretagne actuelle !

>> on peut envisager, alors, que le Redonum du texte de Geoffroy ne désigne pas Rennes, mais un autre lieu. Comment en effet vouloir que si Maxime a débarqué quelque part en Normandie, ou en Picardie, il aurait eu l'idée et le besoin de prendre Rennes, sachant que sa confrontation avec Gratien s'est faite près de Paris ?

A plus forte raison s'il a débarqué à l'embouchure du Rhin !

----------------

Y avait-il des Francs sur ces côtes, avant le débarquement de Maxime ?

Absolument, et particulièrement dans les régions d'Artois et d'Ambianie.

MAIS !!!!!!!!!!!! mais, mais,mais,mais,mais,mais,mais, mais

Messieurs les pro-français : ces Francs là n'y étaient pas en tant que possesseurs de royaumes indépendants. Ils n'y étaient qu'à titre de Fédérés, ou de Lètes. Ils n'y exerçaient pas de droit régalien ni sur les pays ni sur les populations gallo-romaines, qui dépendaient de l'Empire.

Ces Francs là, qui n'étaient pas des citoyens romains, n'étaient là que dans le cadre de contrats dans lesquels ils reconnaissaient l'autorité suprême de l'Empire et de l'Empereur.

Le Droit franc ne s'appliquait qu'à l'intérieur de la cellule franque. Il ne s'appliquait pas à la population gallo-romaine.

Les Britto-romains de Maxime, en tant que citoyens romains, (Edit de Caracalla, 212), étaient chez eux dans n'importe quelle partie du territoire de l'Empire, et donc par conséquent en Gaule, qu'elle fut armoricaine ou belge.

La prétention d'antériorité revendiquée par le parti pro-français est donc nulle de Droit, puisqu'ils n'étaient pas propriétaires de ces terres, et n'y avaient aucun droit régalien, et encore moins impérial.

Je rappelle que nous sommes en train de parler de l'an 383 ap. J.-C.

Pour Clovis, il faudra encore attendre plus d'un siècle !

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Lun 7 Sep 2009 - 21:16

Résumons :

I sunt Brittones aremorici ... ( = ce sont les Bretons armoricains)

Cruc Ochidient ( = Menez Hom) / Cant Guic ( = Quentovic = embouchure de la Canche : Etaples ? Montreuil sur Mer ? ).

Nous avons là le littoral de la Manche. Le reste, de la Canche au Cap Gris-Nez, trouve sa réponse dans l'appellation du Glossaire de Vienne : Morini aremorici.

On pourra épiloguer sur le sens du nom du Cap Gris-Nez.

Son voisin, Blanc-Nez, à l'est, s'explique par Blank-Ness = cap-promontoire blanc, cap-promontoire brillant.

Gris-Nez pourrait être le cap-promontoire gris, sombre. Mais compte tenu des racines étymologiques, on pourrait aussi y voir le cap-promontoire bleu / vert (all; greis; bret. glas, etc ...). Ca reste à expliquer.

---------------

Objection possible : si l'Armorique désigne le rivage de la Manche, pourquoi alors y trouve t'on deux provinces : la Lyonnaise IIème, et la Belgique IIème ? la limite se faisant au voisinage de le Bresle (Le Tréport).

Une réponse peut être faite par comparaison avec les provinces du sud de la Gaule : Provence et Narbonnaise, toutes deux faisant face à la même mer : la Méditerranée. Aucune d'elles n'est plus 'méditerranéenne' que l'autre.

Ici, sur la Manche, nous avons la Lyonnaise IIème, à l'ouest, et la Belgique IIème, à l'est, toutes deux faisant face à la même mer : la Manche. Aucune d'elle n'est plus armoricaine que l'autre.

Et l'on fait apparaître là un concept beaucoup plus ancien que celui qui accepté aujourd'hui, à savoir un concept gaulois, peut-être même antérieur, qui est un concept littoral de la mer appelée : Manche.

-------------

Ceci étant compris, alors on ouvre la recherche du débarquement de Maxime sur un littoral allant de la pointe Saint-Mathieu, à l'ouest, jusqu'au cap Gris-Nez, à l'est.

Encore faut-il tomber sur des Francs commandés par un certain Himbaldus, ou quelqu'un qui porte un nom s'y rapprochant, en sachant qu'à la fin de la journée, on s'empare d'un lieu dont le nom peut évoquer celui de Rennes, qui permette d'ouvrir la route de Paris, en ayant assuré ses bases à l'arrière, comme se doit de faire tout stratège digne de ce nom, puisque de cela dépend sa réussite, et même sa vie, et celle de ses compagnons.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 9 Sep 2009 - 11:35

Le nom du chef franc qui a tenté de s'opposer au débarquement de Maxime, en 383 :

* Geoffroy de Monmouth : Himbaldus.

* Alain Bouchart : (Grandes Chroniques de Bretaigne. 1514) :  Jubaltus ou Jubault.

* Fleuriot. Origines. p 246. (Livre des Faits d'Arthur) : Urbaldus.

* Ogée (1780) : Imbault.

* Laurence Mathey-Maille : Imbaltus : nom d'origine obscure. Forme germanique.

* Dans la Vie de Saint Germain l'Écossais, le nom du chef Franc qui a fait assassiner le saint est donné sous la forme Chuchobald (prononcer Hubaud);

-------------

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Mer 9 Sep 2009 - 14:12

Les noms de lieux proposés pour le débarquement de Maxime :

- Portus Caluosus / Calvosus.

On trouve une proposition de traduction en : Port Chauveau, mais qu'on n'a pas identifié.

Les historiens bretons ont proposé : Saliocanus, Portus Staliocanus, Tolente.

----------

Pour Tolente, l'index est marqué sur un site enfoui du rivage de Plouguerneau.

Des fouilles ont récemment fait réapparaître une trève enfouie dans les grèves de Plouguerneau : mais ce n'était pas Tolente !

Pour Saliocanus / Portus Staliocanus, on se dispute entre Roscoff / baie de Morlaix, et Pors Liogan, ou les Blancs Sablons, au Conquet, près de Pointe Saint-Mathieu.

--------------

Le problème est qu'il n'y avait pas de Francs attestés là en 383.

Et pourtant, la réponse se trouve en filigrane de ces noms.

Il suffit de remettre ces noms à leur place, quelque part sur le rivage de la Manche ( = Armorique), et l'on obtient la pièce maitresse du puzzle, sachant qu'il nous faut un nom d'homme franc du type Himbaldus (voir plus haut), et un nom de lieu qui évoque celui de Redonum, entre le lieu de débarquement et Paris.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Marc'heg an Avel
Admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 7070
Age : 71
Localisation : Lannuon / Lannion. Breizh Izel
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Conan Mériadec   Ven 11 Sep 2009 - 9:38

Le site de Tolente, en fait, n'est pas un mythe, ni une légende.

La mention qui est donnée en note de la page 64, de La Bretagne ancienne et Moderne, par Pitre-Cevalier (1844), à partir de propos d'Alain Bouchard, fait apparaître une forme de ce nom en Talenche.

Cette forme nous permet de remonter à une forme étymologique : *Talentia, qui semble être basée sur une racine *tellus, probablement un théonyme.

Il suffit alors de lancer une recherche sur ces formes dérivées, et on en trouve un : à Abbeville, sur la Somme.



Le nom de Talence est souligné.

Pour des photos, cliquer sur le lien ci-dessous

http://picturevolution.com/index.php?option=com_g2bridge&view=gallery&Itemid=130/&g2_itemId=1507

----------------

Cela nous met en relation :

- avec Saint-Valery-sur-Somme, d'où s'était embarqué Guillaume le Conquérant vers l'Angleterre, en 1066. Nous sommes là sur l'Armorique belge des Bouches du Rhin (système de marées de la Manche Est)

- avec Amiens, qui, comme nous l'avons vu, était le quartier général de Valentinien Ier, lorsqu'il a donné l'ordre au comte Théodose d'aller rétablir l'ordre romain en G. Bretagne. C'est donc de là, a priori, que sont partis aussi Théodose le jeune, et son compagnon Maxime, dans l'armée du comte Théodose.

- avec Saint-Riquier, dont le nom est basé sur Richarius, qui, selon une légende, fut converti par deux chevaliers chrétiens bretons rentrant en G. Bretagne. On voit ainsi que cette légende a été purement et simplement plagiée, et déplacée à l'ouest de la Petite Bretagne, pour fabriquer la vie de saint Riocat ( = Riocatus), converti, soi-disant, par Neventerius et Derrien. La ville de Saint-Riquier correspond à l'ancien Centule.

- La défense de cette contrée avait effectivement été confiée à des fédérés francs.

-----------

Voici donc une partie de la légende de Conan (Mériadec) recoupée avec des éléments historiques, non pas en Petite Bretagne, mais en baie de Somme.

JCE
studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://marikavel.org/bonjour.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Conan Mériadec   

Revenir en haut Aller en bas
 
Conan Mériadec
Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Conan Mériadec
» Cloche de St Mériadec
» Avanturio ar citoien Jean Conan a Voengamb, notes
» Conan Doyle Fan de l'Empereur
» [5ème] Le ruban moucheté de Conan Doyle

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ACADEMIA-CELTICA :: Histoire. Archéologie :: Bretagne. Breizh. Bertaeyn. Brittany-
Sauter vers: