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 Binioù

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MessageSujet: Binioù   Ven 27 Juil 2007 - 15:17

benny > beniou > binioù ( < beni + où)
binioù [bi'niu] [biniow] [beniaw]
biniaouer [bini'owɛr] [bini'awɛr] [biniawur] m. sonneur de binioù.

"1.Benny, "corne, l. musa, cornemus". C. Tréc. sac'h ar benio, cornemuse, L. biniou, d'où fr. id."

"2. Benny an neut "uolue, l. pannus", C. Auj. beni, bini, f. bobine"

Dictionnaire étymologique du breton moyen - Emile Ernault

C = Catholicon
Tréc. = trécorrois = trégorrois.

Cf. Benny

(sens 2 : benny an neut = beni an neud = la bobine du fil.)


"Concernant "biniou", la forme ancienne "beniou" se trouve en 1799 (la forme haut-vannetaise est parfois benieu avec palatalisation de la marque du pluriel). Etymologiquement, il s'agit d'un double pluriel, d'abord infléchi (beni), puis marqué par le pluriel habituel (-où), du mot pan-celtique ban(n) : montant (colonne), ici au sens de muse (cf. cornemuse) [...]. En breton, où la prononciation reste trisyllabique, conformément à l'étymologie du mot (bi-ni-ou - pluriel rare bi-ni-e-ier : binieier & dérivé biniaouer : joueur de biniou), le sens argotique - attesté dès le 17e - est celui de vit : mouzet ho piniou (votre vit boude - dit la jeunette à un barbon)...."

Babel & Baragouin - Le breton dans la mondialisation - F. Favereau - Skol Vreizh - p. 81-82


Dernière édition par le Sam 28 Juil 2007 - 8:22, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 27 Juil 2007 - 16:03

"Biniou n.m., une première fois beniou (1799), puis écrit bignou (1800) et enfin biniou (1823), est emprunté au breton moderne biniou "cornemuse". Ce mot est le pluriel masculin employé au nord de la Bretagne (la partie sud employant binieu) de béni "bobine". Le moyen breton benny a déjà le sens de "cornemuse" ; il appartient à la même racine celtique que le gallois °bannom, "corne", auxquels correspondent le cymrique ban et l'irlandais benn."
Dictionnaire historique de la langue française - Alain Rey - Le Robert - p.402
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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 27 Juil 2007 - 22:34

"Les jours de fêtes, dans les nôces, le veau, le boeuf, le far au four, les vins de toute espèce, l'eau-de-vie, quelque chère qu'elle soit, sont prodigués ; on s'égaie, on s'enivre sur-tout au son du Beniou, des tambourins, et des bombardes."

Voyage dans le Finistère, ou Etat de ce Département en 1794 et 1795 - Jacques Cambry (1749-1807) - Librairie du cercle social, an VII (1799).
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MessageSujet: Re: Binioù   Mar 31 Juil 2007 - 13:28

A noter l'hypothèse suggérée dans l'ouvrage "Sonneurs de Veuze" (Association Sonneurs de Veuze, Nantes 1979) :

binvioù : outils, instruments (de benveg)

En effet en presqu'île de Guérande, il existait trois manières de désigner la cornemuse locale :

- veuze (du latin vessica probablement contaminé par le breton beuz, buis, l'évolution normale en gallo étant véze)
- binioù (on notera à Guérande la présence du quartier de Kerbiniou)
- les outils

Peut-on y voir une piste sérieuse ?


Dernière édition par le Mar 31 Juil 2007 - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Binioù   Mar 31 Juil 2007 - 14:04

Il semble que cette hypothèse du pluriel de benveg ait aussi été évoqué par Ernault en 1936.
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MessageSujet: Re: Binioù   Lun 13 Aoû 2007 - 16:07

"L'origine du mot biniou

Apparu pour la première fois en 1464, sous la forme benny, dans le manuscrit du Catholicon breton de Jehan Lagadeuc (qui le traduit par le français "corne" et le latin musa, cornemusa), le terme biniou a suscité de nombreuses controverses quant à son origine. Pour Dom Le Pelletier (manuscrit de 1716), biniou viendrait de binni ou benni, qui signifie "morceau de roseau", comme en latin calamus a donné "chalumeau", et serait le pluriel de benvec, 'instrument", outil en général". En 1732, cette opinion est également partagée par Grégoire de Rostrenen.

Le linguiste Fañch Gourvil récuse cette étymologie, et lui en préfère une autre : se reportant au Catholicon et au mot benny, qui serait également un pluriel de ban, "dont les sens paraissent multiples" et qui, en vieux-breton, avait tout au moins celui d''éminence", de "colline", il pense que le terme ban, benni ferait référence à des parties saillantes caractéristiques d'un objet, d'un animal ou du paysage. "En définitive, conclut-il, le mot biniou [...] voulant dire littéralement les "cornes" [...] a pu être inspiré de deux façons différentes : soit par la matière dont était primitivement fabriqués les tuyaux de l'instrument, soit par la disposition de ces accessoires eux-mêmes, dont deux au moins sont plantés comme des cornes sur le sac de cuir du biniou." (223) Notons que le terme latin et français "cornemuse" vient lui aussi de "corne".

H. Du Rusquec, en 1886, émettait une hypothèse plus fantaisiste, mais qui ne peut laisser indifférent : le mot viendrait de biz, "doigt" et ioual "hurler"... L'explication est imagée, et parle aux oreilles ! Les Hauts-Bretons l'ont bien compris, qui désignent, comme en pays de Châteaubriant, ceux qui pleurent par les termes de veuzou... ou de pignou !"

Musique bretonne - Histoire des sonneurs de tradition - Le Chasse-marée / Ar Men - p. 85
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MessageSujet: Re: Binioù   Lun 13 Aoû 2007 - 16:31

Ar Barzh a écrit:
Il semble que cette hypothèse du pluriel de benveg ait aussi été évoqué par Ernault en 1936.

Là, j'avoue être très sceptique. Peux-tu nous retrouver la source ?

[ Emile Ernault 1852 - 1938 ]
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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 17 Aoû 2007 - 14:19

" Benny « corne, cornemuse », dériv prob. d’un ancien ban « corne », gall. ban corne et cor, trompe."

Glossaire Moyen Breton - Emile Ernault - 1895 - p. 58


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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 17 Aoû 2007 - 14:23

« [...] Les seuls plur. en er qui n’aient pas, à ma connaissance, de formes voisines en ier, sont spéciaux au van. : meudér [maouter] béliers, meudérr moutons l’A., mëuder Gr. ; squeder [skeder] noeuds (dans les arbres) Chal. ms v. noeus, bânieuérr [biniaouer] hautbois, cornemuses, tadïeuér [tad-ieuer] aïeuls, fém. mamïeuér [mamm-ieuer] ; gour-dadïeuér [gourdadïouer] bisaïeuls, f. gour-vamïeuér [gourvammïouer] l’A., de meut [maout], de scot [skod], bânieu [biniou], tadïeu [tad-iou], etc. [....] »

Zeitschrift für celtische philologie - tome 1 - Emile Ernault - p. 233 - 1897
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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 17 Aoû 2007 - 14:26

« Benn, f. th. en -ā (aussi th. en -o-, peut-être ancien neutre) « sommet, pointe montagneuse ; pignon, pinacle, créneau ; corne, pointe (de lance) ; crête (d’une coiffure) », nom. sg. benn gl ; cornu Sg. 63 a 6, benn múir
« le sommet d’un mur » gl. pinna 67 a 7, dat. ar binn « sur un sommet » ZCP VIII 223. 26, nom. pl. benna gl. cornua MI. 87 b 12, acc. pl. (f.) for cetheora benna na gabla « sur les quatre pointes de la fouche » LU 4799. Forme de nombreux toponymes au sens de « pointe, sommet » ou « promontoire » Bend Étair : angl. Howth, Comté de Dublin. On relève des formes d’acc. et dat. sg. bend (th. en -o- ?) PH 2792. - Dérivés : bennach, adj. « pointu, cornu » gl. cornutus Sg. 60 a 5, acc. m. sg. tucus-sa cúach mbendach « j’ai emporté la coupe à bec » Dindsh. III 120. 13 ; -bennán, m. « veau, faon » O’Dav. 226, Ériu XIII 27. 7, « objet pointu » Eriu IV 92 § 4 ; -bennacán, diminutif du précédent, bendagan O’Dav. 226. Correspond au mgall. bann m. ou f. « sommet, corne, pointe, coin, direction, pied (métrique) », fréquent comme nom de lieu (fém. Y Fan, Bannau Brycheiniog) dérivé mgall. bannawc « cornu, élevé », mod. bannog, ychen bannawc « boeufs cornus » B. Tal. 21. 2, bret. bann « éminence, hauteur » (dans les noms de lieux) - pour vbret. bann v. à part sous bind ; bret. bann dans ses sens modernes, « pousse, rayon », est peut-être un autre mot, Ernault 53 ; cf. aussi ed bann « blé mûr », et mbret. benny « cornemuse » (RC XXXVIII 182, XL 357). Le gaulois possède un élément -benn(o)- ou -benn(ā) qui apparaît dans les toponymes et dans les dialectes romans : Cantobennicus mons (Greg. Tur. H. Franc. II 21) montagne de Chanturgue, Ben(n)ācus, près le lac de Garde ; langue d’oc banno « corne » (fém.), noms de lieu La Banne (La Banne d’Ordanche, etc.). Il semble que le gaulois ait connu deux traitements de la nasale voyelle, d’où benna et banna. Cf. Et. Celt. XIII 44 ; on rattache aussi fr. auvent (d’un *ande-benno- « pointe en avant ») Romania XLIX 389. Voir aussi Z. f. Rom. Phil. XIX 274. On a d’abord pensé que l’irl. et le gall. n’avaient pas le même degré vocalique (l’un ayant *bhend-, l’autre *bhņd-, Ped I 116). Mais les deux peuvent représenter *bhņd-, cf. Thurneysen Gr. 214 (*bhņd-, à cause du -nn- présent dès le virl.). Ce serait une racine commune au celtique et au germanique, vangl. pintel « penis », mha. pinz « subula » et avc suffixe en -n-, mha. pfinne « pointe », KZ XXXVI 347, Pok. 96-97.

Lexique étymologique de l’irlandais ancien de J. Vendryes - B-36 - par les soins de E. Bachellery et P.-Y. Lambert - CNRS 1981


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MessageSujet: Re: Binioù   Ven 17 Aoû 2007 - 14:29

« 33, II, 3 b) ... le br. moy. benny « cornemuse », anciennement « mélodie, musique » ?, paraît dériver du v. bret. BANN « canora ». De benny vient le mod. biniou. »
Léon FLEURIOT, le vieux breton, éléments d’une grammaire, Slatkine Reprints - Genève Paris 1989 - p.87.

[ vox canora = voix harmonieuse ]

"BANN + (h-br bann 1 sonore – gw. kmg bann loud, iwg bind melodious, & br-kr benny > beniou > BINIOU)"
Supplément au dictionnaire de F. Favereau de 1992
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MessageSujet: Re: Binioù   Sam 18 Aoû 2007 - 11:24

Philippe ANGER a écrit:
Ar Barzh a écrit:
Il semble que cette hypothèse du pluriel de benveg ait aussi été évoqué par Ernault en 1936.

Là, j'avoue être très sceptique. Peux-tu nous retrouver la source ?

[ Emile Ernault 1852 - 1938 ]

Mea culpa.

Dans sa conférence de novembre 1936 à la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, c'est bien le terme beny qu'Emile Ernault donne comme étymologie du mot binioù.

Il est quand même intéressant de constater que les veuzous de l'ouest de la Brière employaient le terme "les outils" pour désigner la veuze. Or cette zone est donnée comme limite linguistique breton-gallo en 1695 par la carte de Jean-Baptiste Nolin. L'influence d'un terme breton n'est donc pas impossible, le gallo local ayant conservé de nombreux bretonnismes.

Si l'on accepte cette possibilité, je formule donc une autre hypothèse : les bretonnants, ignorant le mot beny, auraient crée une étymologie populaire de binioù à partir de benveg. Cette étymologie aurait été traduite du breton pour se fixer dans le gallo local au moment du changement de langue dans cette zone.

Simple hypothèse bien sûr. L'emploi de "outils" n'est pas attesté antérieurement au début du XXe s., et ce peut être une expression imagée comparable à celles encore utilisées par les musiciens traditionnels (cf. mes "clous").
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MessageSujet: Re: Binioù   Sam 18 Aoû 2007 - 11:42

Philippe ANGER a écrit:
Les Hauts-Bretons l'ont bien compris, qui désignent, comme en pays de Châteaubriant, ceux qui pleurent par les termes de veuzou... ou de pignou !"

Pignou est un nom bien connu en gallo, formé sur le verbe non moins connu pigner, "pleurnicher" ; je ne pense pas qu'il y ait de rapport avec binioù.

Quant aux expressions gallèses imagées faisant référence à la veuze/biniou/cornemuse, en voici d'autre tirées de la brochure de "Sonneurs de Veuze" :

- "Ca va à ta gueule comme des c*uilles à une veuze" (Chauvé, Pays de Retz)

- "Le va avoir bientôt trente ans et l'est donc point marié ?
- Oh non ! L'a-t-y grand peur de montrer sa veuze !"
(conversation notée à Paulx, Pays de retz)

- "N'y a plus d'vent dans la veuze" (= "il est mort", Pays de la Mée)

- "La veuze est querouée" ( = "il est mort", Pays de Retz)
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MessageSujet: Re: Binioù   Sam 18 Aoû 2007 - 12:48

"Binieu, benieu, banieu, benigeu pl. ér, hautbois, cornemuse, musette, biniou ; beginieu (Ch. ms)"
Dictionnaire Breton-Français du dialecte de Vannes - Brud Nevez - Emile Ernault - p. 23

"15-17 Bénieu, musette des champs"
CHALONS Dict. vannetais 1723 - Skol

"17-28 Binieu, hautbois, musette de campagne"
CHALONS Dict. vannetais 1723 - Skol

[Pierre de Châlons (1641-1718)]
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MessageSujet: Re: Binioù   Sam 25 Aoû 2007 - 23:48

Dallic Leon

Eun dallic coz deus a Leon
'Zo melanconi en he galon,

Abalamour d'he vennio,
'N eus anleuvet ann aotrô Gô. [ar beleg]
[...]
Deuz a bep-sort instrumancho,
Tambour, bombard ha bennio.

F.M. LUZEL Sonioù II pp. 172-175
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MessageSujet: Re: Binioù   Mer 29 Aoû 2007 - 16:34

Philippe ANGER a écrit:
« Benn, f. th. en -ā (aussi th. en -o-, peut-être ancien neutre) « sommet, pointe montagneuse ; pignon, pinacle, créneau ; corne, pointe (de lance) ; crête (d’une coiffure) », nom. sg. benn gl ; cornu [...]
Lexique étymologique de l’irlandais ancien de J. Vendryes - B-36 - par les soins de E. Bachellery et P.-Y. Lambert - CNRS 1981
En rapport avec ce qui précède, quelques ajouts à ce fil (passionnant) :

Bana : s.f (bàne) ; (catalan : banya), Corne, partie dure qui sort de la tête de certains animeaux.
Ety. Ce mot parait être d'origine celtique.
Bana de cerf, bois de cerf.
Bana deis insectos, antennes.
Anar de bana, (dialecte bas limousin), se dit de deux personnes qui ont la même humeur, les mêmes inclinations.
Faire leis banas, faire ou montrer les cornes ; c'est présenter à quelqu'un les deux premiers doigts ouverts en forme de cornes pour lui faire affront.
(Dictionnaire Provençal-Français - S.J Honnorat - Tome Premier - 1846)

1 - Bane, banne, s.f., corne, l'os du crane des boeufs, des cerfs, des chèvres, etc. :
Il portoit unes banes de cerf sus son heaume (Est. de Eracl. emp., XXIV, 2, Hist. des crois.)
Si vit a l'ung des bous une perche qui estoit de banne de la licorne, et dessus estoit estendue une piece de velous. (J. D'ARRAS, Melus., p. 414, Bibl. ezl.)
2 - Bane, banne, s.f., bannière :
Ainz qu'il partist hernois ne bannes (GUIART, Roy. lign., 16083, W. et D.)
(Dictionnaire de l'Ancien Français et Dialectes IX au XVe siècle - Godefroy Frédéric - Tome 1 - 1881)

Notennig : Bien que déviant un tammig du sujet du fil, je me demande si Binioù (Binieu) et Banniel ne sont pas cousins (lointains mais quand même) ? C'est l'extrait du dictionnaire de Godefroy ci-dessus qui me titille. Bane (banne) y possède deux acceptions : Corne et Bannière.

La question peut sembler curieuse d'autant que banniel proviendrait selon Deshayes du français bannière (XIIe) et se graphiait banyer dans le Catholicon.

Il n'empêche que partant de benn de l'ancien irlandais proposé ci-dessus, dans ses sens de "cornes" et "pointe de lance", l'on peut se retrouver dans la représentation physique ou symbolique du Binioù ou d'une Banniel.

Bon, je sais, c'est complètement fantasque. Je sors. Je vais aller me boire un banne du coup penn-foll

Kado.
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MessageSujet: Re: Binioù   Jeu 30 Aoû 2007 - 12:46

Kado a écrit:


La question peut sembler curieuse d'autant que banniel proviendrait selon Deshayes du français bannière (XIIe) et se graphiait banyer dans le Catholicon.

Il n'empêche que partant de benn de l'ancien irlandais proposé ci-dessus, dans ses sens de "cornes" et "pointe de lance", l'on peut se retrouver dans la représentation physique ou symbolique du Binioù ou d'une Banniel.

Bon, je sais, c'est complètement fantasque. Je sors. Je vais aller me boire un banne du coup :joker:

Kado.

On s'accorde à dire que bannière (baniere fin XIIème s.) est dérivé du mot ban.

Les formes banier & banyer (cf. Catholicon(s)) semblent bien empruntés au français (en breton moderne standard : banniel).

Qu'on peut sûrement rapprocher des mots bretons suivants : bann m. ban, proclamation... (cf. embann v. proclamer...; le vannetais bannein v. publier, crier, annoncer, proclamer...(bannour m. proclamateur.)

L'anglais banner (1230) vient également du vieux français baniere. (en gallois : baner ; en cornique : baner (cf. The Cornish Banner / An Baner Kernewek - nom d'un magazine culturel).
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