ACADEMIA-CELTICA

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 La Bretagne dans les littératures

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jeje
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MessageSujet: La Bretagne dans les littératures   Mar 23 Aoû 2016 - 19:12

La Bretagne dans les littératures.

Maupassant: Un fils, in Les contes de la bécasse
Celan: Matière de Bretagne [un poème en allemand]
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Mer 24 Aoû 2016 - 0:17

La Bretagne dans les littératures ? C'est un sujet plutôt épineux car le moins
qu'on puisse dire est que notre pauvre pays ne fait pas bonne figure dans la
littérature française. Il suffit de lire ce qu'en disent Victor Hugo, Balzac,
Zola, Flaubert, Mérimée et d'autres encore. Ce qui n'a toutefois pas empêché un
éditeur breton de publier la traduction d'une nouvelle de Mérimée !

Mais le plus beau arrive maintenant. Il y a peu de temps j'ai vu qu'un éditeur
qui n'avait publié jusque là que des livres en breton, a eu la "bonne idée" de
publier, entièrement en français sous le titre de "MAUPASSANT ET LA BRETAGNE",
quelques nouvelles inspirées à Maupassant par la Bretagne. Ceci m'a paru plutôt
étrange car ces nouvelles ont déjà été publiées plusieurs fois par des maisons
d'édition françaises et sont maintenant disponibles gratuitement sur Internet.
Mais le plus étrange est que cet éditeur, qui devrait pourtant être bien informé
sur un auteur dont il publie les ouvrages, semble ignorer de quelle manière
Maupassant met la Bretagne à l'honneur dans sa critique du roman de Pierre Loti
"Mon frère Yves", où l'on peut lire ceci :

« [...] Alors, pour tout homme qui regarde avec des yeux clairs et perspicaces, des
doutes se sont éveillés. La Bretagne est trop près de nous pour que nous ne la
connaissions point, pour que nous n'ayons point vu ce paysan breton, brave et bon,
mais en qui l'animalité première persiste à tel point qu'il semble bien souvent
une sorte d'être intermédiaire entre la brute et l'homme. Quand on a vu ces cloaques
qu'on nomme des villages, ces chaumières poussées dans le fumier, où les porcs vivent
pêle-mêle avec les hommes, ces habitants qui vont, tous nu-jambes pour marcher
librement dans les fanges, et ces jambes de grandes filles encrassées d'ordures
jusqu'aux genoux, quand on a vu leurs cheveux et senti, en passant sur les routes,
l'odeur de leurs corps, on reste confondu devant les jolis paysages à la Florian,
et les chaumines enguirlandées de roses, et les gracieuses moeurs villageoises
que M. Pierre Loti nous a décrites. » - Guy de Maupassant

Après avoir lu ça, peut-on encore faire l'éloge de "MAUPASSANT ET LA BRETAGNE" ?
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Marc'heg an Avel
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Mar 30 Aoû 2016 - 21:40

En tant que Breton, Ernest RENAN avait du recul vis à vis de cela, puisqu'il dit, pour lui aussi :

"Un Celte, mêlé de Gascon, mâtiné de Lapon. Une telle formule devrait, je crois, représenter, d'après les théories des anthropologistes, le comble du crétinisme et de l'imbécilité".

Souvenirs d'enfance et de jeunesse.

... avec la dérision requise vis à vis de ceux qui, imbéciles intrinsèques et congénitaux, se permettent de penser cela des autres.

JCE studiañ

_________________
"Ne te borne pas seulement à respirer avec l'air qui t'environne, mais à penser désormais avec l'intelligence qui environne tout. La force intelligente, en effet, n'est pas moins répandue partout, et ne s'insinue pas moins, en tout être capable de s'en pénétrer, que l'air en tout être qui peut le respirer".

Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Mer 31 Aoû 2016 - 0:20

MenezBre a écrit:
La Bretagne dans les littératures ? C'est un sujet plutôt épineux car le moins
qu'on puisse dire est que notre pauvre pays ne fait pas bonne figure dans la
littérature française. Il suffit de lire ce qu'en disent Victor Hugo, Balzac,
Zola, Flaubert, Mérimée et d'autres encore. Ce qui n'a toutefois pas empêché un
éditeur breton de publier la traduction d'une nouvelle de Mérimée !


J'ai bien écrit : "Dans les littératures".
Orales, écrites, gasconnes, lapones ou patagones.

Celan le roumain écrivait (entre autres) en allemand.

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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Jeu 1 Sep 2016 - 1:00

Citation :
jeje a écrit :

J'ai bien écrit : "Dans les littératures".
Orales, écrites, gasconnes, lapones ou patagones.


Avez-vous accès aux littératures gasconnes, lapones ou patagones ? Et pensez-vous
que les lecteurs de ce forum puissent y accéder ? Pour ma part, je préfère parler
uniquement de ce à quoi j'ai DIRECTEMENT accès dans les huit seules langues que je
connaisse et parmi lesquelles ne figurent ni le gascon, ni le lapon, ni le patagon.

Et maintenant, pour vous prouver que je ne cherche en rien à détourner votre fil
ayant pour sujet la Bretagne dans les littératures (au pluriel) j'apporte ici ma
petite contribution en évoquant un poème intitulé "Stille Insel" que Stefan Zweig
a consacré à la Bretagne.

Je me permets en outre de vous rappeler que vous avez vous-même évoqué la littérature
française dans votre premier post où vous parlez d'une nouvelle de Maupassant intitulée
"Un fils". J'ignore si cette nouvelle lui a été inspirée par une mésaventure qui lui
serait arrivée à lui-même où à quelqu'un de son entourage. Je sais seulement que
Mérimée était à l'abri de telles mésaventures puisqu'il écrit ceci :

« Croiriez-vous que j'ai fait 400 lieues en Bretagne sans déboutonner ma braguette.
Impossible de toucher sans pincettes les personnes du sexe de Brest, Morlaix,
Saint-Brieux [sic], Rennes, Vannes, Quimper. »

Et en plus, il parle ainsi de la langue bretonne :

« [...] C'est une langue que celle-là. On peut la parler fort bien, je crois, avec un
baillon dans la bouche, car il n'y a que les entrailles qui paraissent se contracter
quand on cause en bas breton. Il y a surtout l'h et le c'h qui laissent loin derrière
la jota espagnole. Les gens qui parlent cette belle langue sont bons diables, mais
horriblement sales. On voit dans les villages les enfants et les cochons se roulant
pêle-mêle sur le fumier, et la pâtée que mangent les premiers serait probablement
refusée par les cochons du Canigou. » (Prosper Mérimée, lettre à Jaubert de Passa).

Devant de telles horreurs, je me suis permis de profiter de votre fil pour attirer
l'attention sur le fait que seule la littérature française donne une image aussi
navrante de la Bretagne et des Bretons traînés dans la boue par de "grands écrivains"
qui ne méritent pas qu'on leur fasse l'honneur de traduire leurs oeuvres en breton.

Enfin, il s'agit d'un honneur pour le moins relatif vue la qualité d'une traduction
que je j'ai lue en catimini sur le tabouret d'une librairie et qui, loin de mettre
en valeur le talent littéraire de Mérimée, transforme un récit plutôt plaisant à lire
en français en un exercice scolaire d'un niveau à peine acceptable en classe de 6ème.
Ceci m'aurait fait bondir s'il s'était agi d'un auteur pour lequel j'éprouve de
l'estime. Mais dans ce cas, j'ai tout simplement pensé « C'est bien fait pour ce
bon Prosper qui ne méritait vraiment pas que son oeuvre soit valorisée par une
langue qu'il a lui-même dévalorisée. »
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Jeu 1 Sep 2016 - 1:17

Citation :
Marc'heg an Avel a écrit :

En tant que Breton, Ernest RENAN avait du recul vis à vis de cela, puisqu'il dit,
pour lui aussi :

"Un Celte, mêlé de Gascon, mâtiné de Lapon. Une telle formule devrait, je crois,
représenter, d'après les théories des anthropologistes, le comble du crétinisme
et de l'imbécilité".

Bien que je n'apprécie pas beaucoup Ernest Renan, je me garderais bien de le mettre
dans le même sac que les "grands écrivains" qui traînent la Bretagne et les Bretons
dans la boue, chose que Renan ne fait jamais. C'était en fait un excellent bretonnant,
selon Jarl Priel qui rapporte dans ses mémoirers (VA ZAMMIG BUHEZ) les paroles de
son père qui disait à son sujet : « Daoust ha m'am boa kas ouzh Renan, biskoazh
brezhoneger n'am eus klevet e-tailh da gaozeal ha da farsal ken dudius hag eñ, ha
bete vitam aeternam e vijen chomet gant ma genou bras ouzh e selaou. »

Ceci n'empêche pas Renan d'enterrer la langue bretonne avant l'heure en écrivant,
à une époque où elle était encore bien vivante : « Un idiome a toujours assez vécu
quand il a été assez aimé et que de bonnes études philologiques ont fixé son image
pour la science, comme un fait désormais indestructible dans l’histoire de l’humanité ».

Je vois une certaine imbécilité dans de tels propos car à ce compte on pourrait
éliminer presque toutes les langues parlées dans le monde et les remplacer par
l'espéranto ou autres langues du même genre qui ont le mérite indéniable de ne pas
être aimées par les philologues qui se passionnent pour l'évolution naturelle des
langues au cours des siècles et n'ont sans doute guère envie de fixer pour la science
l'image d'une langue artificielle fabriquée de toutes pièces par un seul individu.
Je pardonne cependant les propos tenus par Renan car il les complète en écrivant
dans la préface d'un recueil de poèmes : chantez harmonieusement dans notre antique
dialecte celtique, pour qu’un jour on dise de lui : II disparut selon la loi de
toute chose ; mais comme il eut de doux accents avant de mourir ! »

D'autre part, je ne vois pas en quoi Ernest Renan prend du recul vis-à-vis de la
Bretagne. En parlant d'un « Celte mêlé de Gascon » il fait tout simplement allusion
aux origines de sa mère qui n'était qu'à moitié bretonne puisqu'une partie de sa famille
était originaire de Bordeaux. Il énonce par conséquent une vérité qui n'a rien de honteux
et qui ne remet pas en question les origines bretonnes qui lui viennent de son père et
de l'autre partie de sa famille maternelle.
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Sam 3 Sep 2016 - 12:48

MenezBre a écrit:
« Croiriez-vous que j'ai fait 400 lieues en Bretagne sans déboutonner ma braguette.
Impossible de toucher sans pincettes les personnes du sexe de Brest, Morlaix,
Saint-Brieux [sic], Rennes, Vannes, Quimper. »

Phrase drôlissime. Mérimée précise ensuite qu'à Nantes il a enfin fini par trouver à se soulager. Une preuve supplémentaire du faible caractère breton de cette cité ?

MenezBre a écrit:
Devant de telles horreurs, je me suis permis de profiter de votre fil pour attirer
l'attention sur le fait que seule la littérature française donne une image aussi
navrante de la Bretagne et des Bretons traînés dans la boue par de "grands écrivains"
qui ne méritent pas qu'on leur fasse l'honneur de traduire leurs oeuvres en breton.

Ce qu'écrivent ces auteurs choque dans une société contemporaine où l'on exige que chacun s'exprime avec une médiocrité polie et supposément respectueuse des autres ; où de petits bourgeois incapables de briller n'ont d'autre moyen de se faire valoir que de se forger une posture de victime. Aussi outranciers soient ces écrits, ils prouvent qu'au XIXème siècle la Bretagne était un pays fortement original, étranger à qui venait de Paris. Ça me fait moins mal de lire ça que d'entendre mes amis parisiens dire que la Bretagne n'a plus rien de particulier et que les gens y sont les mêmes qu'ailleurs en France.

Quant à la langue bretonne, qui lui fait le plus de mal ? Ceux qu'elle effrayait du temps qu'elle était parlée partout et avec vigueur ? Ou bien l'Emsaw officiel, incapable de la relever et qui lui substitue l'ersatz dépourvu de toute beauté enseigné dans les écoles, dont personne ne dirait "C'est une langue que celle-là", tant il a perdu tout caractère propre ?
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Dim 4 Sep 2016 - 1:07

C'est vrai que la Bretagne a bien changé ! A tel point que j'ai décidé de prendre
du recul (chose que je n'aurais jamais cru envisageable autrefois) afin de retrouver
l'image que j'en avais dans ma jeunesse et que j'évoque très volontiers sur mes
vieux jours. Et cette image, qui s'effritait déjà petit à petit à chaque fois que
je me voyais confrontée avec la Bretagne d'aujourd'hui, en a pris un sacré coup lors
de mon dernier séjour. Voici en effet ce qui m'est arrivé.

J'étais allée rendre visite à une très vieille dame, bretonnante de naissance dont
les parents parlaient uniquement breton et qui elle-même n'avait pas parlé un seul
mot de français avant l'âge de 7 ans. Eh oui ! il existe encore quelques-uns de ces
rares spécimens, et pendant longtemps j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à faire un
brin de causette avec eux. Mais la dernière fois, je n'ai vraiment pas eu de chance.
J'ai trouvé cette vieille dame assise sur un banc devant la maison de retraite,
plongée dans une discussion animée - EN FRANÇAIS - avec une autre dame à peine plus
jeune qu'elle. Et moi de lui dire «'hanta, Ann-Vaï gaezh, kollet da vrezhoneg ganit !»
Et elle de me répondre : «Ben, maint'nant, on parle plus breton, maint'nant c'est
l'français qu'on parle, faut bien aller avec son temps». Et l'autre vieille dame
d'ajouter : «Moi, l'breton, j'lai jamais parlé.». «Fidamdoulle,» 'm eus soñjet, «setu
ar brezhoneg skarzhet bremañ deus ti ar re gozh !» J'ai alors pris le chemin du
retour avec la mort dans l'âme et une illusion en moins alors que je n'en avais déjà
plus beaucoup. Et en sortant du bourg, devant les panneaux bilingues qui semblaient
se moquer de moi et de mes illusions perdues, j'ai éprouvé une très grande nostalgie
du bon vieux temps où ils n'existaient pas encore, car à cette époque, à défaut de
voir des noms bretons (souvent approximatifs) étalés sur des panneaux comme des
inscriptions sur une tombe, on entendait le breton retentir d'un bout à l'autre des
campagnes et des bourgs. Depuis je ne peux plus supporter ces panneaux bilingues
dont les millitants sont si fiers.

Tout comme ils sont fiers de leurs inventions linguistiques. J'admets qu'ils soit
nécessaire de créer des mots nouveaux pour désigner des choses qui n'existaient pas
autrefois. Mais pourquoi dire, par exemple, "kemeret 'm eus un diviz", ou pire encore
"un disentez", mot inconnu des vieux bretonnants, alors qu'il serait pourtant facile
de prendre exemple sur eux en disant "divizet 'meus" ou "graet 'm eus ma soñj"
ou encore "graet 'm eus ma mennozh". Et pourquoi dire "keuz" au lieu de "fourmaj",
"kravez" au lieu de "relijion" ? Pour comble de tout, ils ne se rendent même pas compte
que tout en cherchant à défranciser le vocabulaire ils francisent en même temps la
syntaxe du breton par l'emploi de prépositions inappropriées. Combien de fois ai-je
lu des choses de ce genre, calquées sur le français :

- *kemer un dra en e c'hodell - en armel (e-lec'h tennañ EUS e c'hodell - EUS an armel)
- *kemer war an daol (e-lec'h DIWAR an daol)
- *debriñ en un asied (e-lec'h DIWAR un asied)
- *evañ en ur werenn (e-lec'h EUS ur werenn).

Ceux qui n'ont pas eu comme moi la chance d'entendre de vieux bretonnants utiliser
les prépositions qui conviennent peuvent trouver la confirmation de ce que je dis
dans le corpus de Jules Gros où l'on peut lire, par exemple :

- An daou-mañ a zo o tebriñ EUS ar memes skudell.
- DIWAR ma dorn e tebr.
- Me am boa kerc'het ur bern delioù EUS ar c'hoad (ha neket er c'hoad comme disent
et écrivent beaucoup aujourd'hui).

Comme vous, j'ai beaucoup de peine quand je vois massacrer la langue bretonne qui
était autrefois la principale particularité de la Bretagne et je conçois très bien
qu'elle ait pu susciter, chez ceux auxquels elle était inaccessible, une certaine
aigreur plus facile à supporter que ce qu'on voit aujourd'hui. Mais pour ce qui
est de la saleté, était-elle vraiment une particularité de la Bretagne ? Je me permets
d'en douter, car à une époque où il fallait faire de longues marches pour aller
chercher de l'eau à la fontaine, où on lavait le linge, été comme hiver dans des
lavoirs exposés aux intempéries, où on ne connaissait pas les dangers qu'il y avait
à mettre le tas de fumier tout près d'un puits ou même juste en face de la maison,
les habitants des autres régions rurales n'étaient sans doute pas beaucoup plus
propres que les Bretons. Alors pourquoi s'acharner sur la Bretagne et faire de la
saleté une de ses particularités ?

Oh ! J'ai écrit beaucoup plus que je n'en avais l'intention. J'espère que mon post
ne sera pas effacé pour avoir dépassé les limites !
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Dim 4 Sep 2016 - 7:40

Je partage la quasi totalité de ce que vous écrivez, avec plus de distanciation cependant, car je n'ai pas été baigné, à Nantes et en pays gallo, dans ce qui fut la principale particularité de la Bretagne, considérée d'ailleurs par beaucoup de bretons comme leur bien commun: sa langue.
Plus de distanciation, car ma bretonnité est d'abord nantaise, et pas de Cléden-Poher.
Hè oui, la bretonnité (ou si l'on veut les ressentis de bretonnitude) est plurielle.
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Marc'heg an Avel
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Dim 4 Sep 2016 - 10:13

Bonjour,

Pas de souci pour les messages dont le but est de partager la Connaissance et le ressenti, quand il n'est pas empreint d'intolérance et/ou agressivité vis à vis des interlocuteurs.

Pour le ressenti exprimé, c'est également le mien, génération oblige. C'est pourquoi je me suis attelé, bien que non croyant et a fortiori non pratiquant, à passer des libellés en breton trouvés dans les églises. Les bannières, et le chemin de croix de Rospez, en sont des exemples éloquents, à mon avis, puisqu'ils tendent à rapporter la façon parlée de leur époque, même avec adaptations et des variantes

Pour ce qui concerne la crasse des campagnes, voir déjà Fréminville parlant de Carhaix ! Pas d'cadeaux pour l'hygiène !

Mais cette vision crasseuse de la campagne n'est pas réservée à la Bretagne. Toutes les campagnes y ont droit, en Bretagne, en France, en Europe, et ailleurs... et même les quartiers pauvres des grandes villes.

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Marc-Aurèle. Pensées pour moi-même. Livre VIII; verset LIV".
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Dim 4 Sep 2016 - 11:04

Sur la crasse et la misère urbaine au 19e s., je me souviens avoir lu des textes d'Ange Guépin, médecin et très grande figure nantaise, natif de Pontivy, philanthrope et socialiste breton soutien de la Commune de Paris, trop peu connu à mon sens.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ange_Gu%C3%A9pin
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Mer 14 Sep 2016 - 15:09

Pour ramener ce fil à son sujet initial qui est La Bretagne dans les littératures,
j'ai effectué quelques petites recherches, et voici ce que j'ai trouvé :

Dans son récit Inferno, écrit en français alors qu'il séjournait à Paris, l'auteur
suédois August Strindberg fait quelques allusions à la Bretagne. Au chapitre 13 il
parle d'un papillon connu sous le nom de Sphinx tête de mort (Acherontia atropos)
qui, en Bretagne, serait annonciateur de mort. Il parle aussi d'un sculpteur qui
lui aurait dit avoir vu en Bretagne un bloc rocheux dans lequel étaient réunis
Orphée et le Christ, et dont il avait l'intention de s'inspirer. Plus loin, il parle
de pierres en forme de croix et à reflets dorés que les habitants des côtes de
Bretagne vont ramasser après les tempêtes.

J'ai découvert avec consternation que Heinrich Heine ne pensait pas non plus
beaucoup de bien de la Bretagne dont il se dit déçu dans un récit intitulé Lutetia
(chapitre XVIII). N'ayant pas pu trouver en Bretagne ce qu'il espérait y trouver et
s'étant heurté à une langue qu'il ne comprenait pas, il se défoule lui aussi sur les
Bretons. Diaoul pe Sot nailh

Dans un recueil de récits historiques (Historische Erzählungen), Karl May consacre
un chapitre au corsaire Surcouf (chapitre 6 intitulé Der Kaperkapitän).

Dans le onzième volume d'un ouvrage de Willibald Alexis intitulé Der neue Pitaval,
le troisième chapitre est consacré au complot de Georges Cadoudal.

Dans son récit intitulé Kaiser Max der letzte Ritter, Felix Salten parle des déboires
de Maximilien d'Autriche et de son aigreur pour l'annulation de son mariage avec
Anne de Bretagne qui lui a été soufflée (weggeschnappt[sic]) par le roi de France
Charles VIII. Pauvre Max Crying or Very sad

Joseph von Eichendorff et Adelbert von Chamisso ont tous deux consacré un poème
à la Bretagne qu'ils ont tous deux intitulé Die Stille Gemeinde (ar barrez sioul).

Dans son roman Der Zauberlehrling oder die Teufelsjäger (chapitre 3), Hanns Heinz Ewers
évoque les chansons bretonnes «Lieder, die das Meer gebar, und die Einsamkeit - und die
grosse Sehnsucht» (chansons nées de la mer, de la solitude et de la grande nostalgie»
et il cite même, en français, le premier couplet de la Paimpolaise.

Wilhelm Gottlieb Soldan, dans son Histoire des procès aux sorcières
(Geschichte der Hexenprozesse  - Tome II - Chapitre 9), parle des sorcières
qui "aujourd'hui comme hier sont chez elles dans les villages bretons.

Ceux qui désirent en savoir plus et savent lire l'allemand trouveront ces textes ici :

http://gutenberg.spiegel.de/autor

y compris Inferno dont j'ai trouvé par hasard, en fouinant dans la littérature
allemande, une traduction en allemand dont j'ai dû me contenter, faute de pouvoir
trouver le texte original.

Dans une nouvelle consacrée à Edouard III d'Angleterre, l'auteur italien Matteo
Bandello
évoque la guerre entre Charles de Blois et la contesse de Montfort «Si
guerreggiava in quei tempi ne la Bertagna, tra Carlo di Blois che fatto s'era duca
di Bertagna, e la contessa di Monteforte già stata duchessa del paese». Voir :

https://it.wikisource.org/wiki/Novelle_%28Bandello,_1853,_III%29/Parte_II/Novella_XXXVII

Et dans la littérature moderne il existe aussi des romans dont l'action se passe en
Bretagne :

- En allemand : Schiffbruch und Glücksfall de Andrea Schacht, publié en 2012

- En italien : La fuga. Delitto in Bretagna de Gianluigi Schiavon, publié en 2015

- En anglais : His Fair Assassin de Robin LaFevers, une trilogie publiée aussi en
2015 mais qui raconte une très vieille histoire puisque le premier volume commence
par ces mots : Brittany 1485.
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PrincedeBarbin



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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Ven 16 Sep 2016 - 6:37

Pour mémoire, le héros de ce que Cervantès qualifiait de meilleur livre du monde et qui suscitait l'enthousiasme de Mario Vargas Llosa, Tirant le Blanc, est Breton, et même Nantais, mar-plij.

Publié en 1490, écrit en catalan (valencien) par Joanot Martorell , et publié en 2003 en français aux éd. Anacharsis
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Jeannotin
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Lun 19 Sep 2016 - 13:01

MenezBre a écrit:
Et moi de lui dire «'hanta, Ann-Vaï gaezh, kollet da vrezhoneg ganit !»
Et elle de me répondre : «Ben, maint'nant, on parle plus breton, maint'nant c'est
l'français qu'on parle, faut bien aller avec son temps». Et l'autre vieille dame
d'ajouter : «Moi, l'breton, j'lai jamais parlé.». «Fidamdoulle,» 'm eus soñjet, «setu
ar brezhoneg skarzhet bremañ deus ti ar re gozh !» J'ai alors pris le chemin du
retour avec la mort dans l'âme et une illusion en moins alors que je n'en avais déjà
plus beaucoup.

Il ne faut pas se décourager comme cela. Il est normal qu'un bretonnant parle français avec quelqu'un qui ne parle pas le breton. Avec les bretonnants qui maîtrisent bien leur langue, je ne rencontre jamais de refus de parler. Surtout auprès de ceux avec qui j'ai l'habitude de parler.

Marc'heg an Avel a écrit:
C'est pourquoi je me suis attelé, bien que non croyant et a fortiori non pratiquant, à passer des libellés en breton trouvés dans les églises. Les bannières, et le chemin de croix de Rospez, en sont des exemples éloquents, à mon avis, puisqu'ils tendent à rapporter la façon parlée de leur époque, même avec adaptations et des variantes

Ce n'est pas tellement utile. Ces textes sont quand même d'un intérêt assez limité pour la connaissance du breton local. Au mieux, on peut déterminer où passe l'isoglosse pedit/pedet. Il vaudrait mieux enregistrer les paroles des derniers bretonnants. Les bannières seront encore là dans 20 ans, eux non.
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Lun 19 Sep 2016 - 16:46

Jeannotin a écrit :

Citation :
Il ne faut pas se décourager comme cela. Il est normal qu'un bretonnant parle français avec quelqu'un qui ne parle pas le breton. Avec les bretonnants qui maîtrisent bien leur langue, je ne rencontre jamais de refus de parler. Surtout auprès de ceux avec qui j'ai l'habitude de parler.

Pour votre orientation, sachez que je parlais déjà breton avec cette vieille dame
très longtemps avant que vous ne soyez vous-même de ce monde. Si vous avez plus de
chance que moi avec vos interlocuteurs, c'est tant mieux pour vous, mais je ne
pense pas que le mérite vous en revienne.

Pour ce qui est de ne pas se décourager, je n'ai aucune leçon à recevoir à ce sujet.
Bien que j'ai sagement renoncé à déranger les vieilles dames dans leurs conversations
en français, je n'en continue pas moins à passer une bonne partie de mon temps à
faire des traductions en breton, et rien ni personne ne pourra m'en décourager.
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Marc'heg an Avel
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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Jeu 22 Sep 2016 - 11:57

Jeannotin a écrit:

Ce n'est pas tellement utile. Ces textes sont quand même d'un intérêt assez limité pour la connaissance du breton local. Au mieux, on peut déterminer où passe l'isoglosse pedit/pedet. Il vaudrait mieux enregistrer les paroles des derniers bretonnants. Les bannières seront encore là dans 20 ans, eux non.

Mes relevés photographiques sur le bannières et vitraux, côté religieux, comme sur les monuments aux morts, côté laïc, se veulent avant tout être des témoignages et des preuves à opposer à tous les négationnistes de toute sorte.

Je laisse le soin à d'autres, car ils ne manquent pas, d'enregistrer les derniers natifs bretonnants, s'il en reste encore.

Beaucoup de bannières, moisies ou cassées, ne sont même plus en état d'être montrées. Ce sont là aussi des trésors perdus à tout jamais.

Pour les panneaux écrits de saint Antoine, de Pommerit, la plupart de ceux qui étaient là, bretonnants courants, étaient surpris que je puisse leur en faire lecture directe, avec l'accentuation locale, puisque c'est quasiment du phonétique. Et ils comprenaient alors ce qu'ils ne savaient pas lire.

Très récemment, l'archiviste de l'évêché de Saint-Brieuc m'a dit être très intéressé par le sujet. C'est déjà positif que celui qui croit et celui qui ne croit pas se comprennent sur la valeur et l'importance du respect du patrimoine.

Cordialement

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MessageSujet: Re: La Bretagne dans les littératures   Ven 23 Sep 2016 - 13:08

Marc'heg an Avel a écrit:
Je laisse le soin à d'autres, car ils ne manquent pas, d'enregistrer les derniers natifs bretonnants, s'il en reste encore.

Si justement, il en manque, ils sont bien peu à faire ce travail crucial que nous sommes les derniers à pouvoir mener. Des locuteurs natifs, bien évidemment qu'il en reste encore beaucoup, mais au train où vont les choses, combien de parlers auront disparu dans 20 ans sans que le travail de préservation ait été effectué ? Les incertitudes et les approximations auxquelles nous autres, néo-locuteurs, sommes confrontés chaque fois que nous voulons traduire un mot ou une expression un peu compliqué montrent bien que le breton n'a pas été assez étudié. Le besoin de plus de collectage se fait cruellement sentir pour mieux connaître la langue de notre pays.
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